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La répétition : Berlin, 1963 – Yves GREVET et Jean-Michel PAYET

Je n’aime pas lire des romans d’espionnage, je n’y comprends rien en général : les agents doubles, ça va, mais dès qu’ils deviennent agent triple, cela dépasse mon (petit) entendement.

J’hésitais donc à lire ce roman sur fond d’espionnage à la sauce guerre froide. Et puis un avis hyper enthousiaste m’a convaincu, et j’ai passé un excellent moment de lecture au mois de juin 1963, à Berlin est et ouest.

Le récit à plusieurs voix commence en Sibérie lors de la fuite organisée d’une ancienne tireuse d’élite, puis se poursuit dans un tunnel entre Berlin est et ouest.

Petit à petit, j’ai aimé raccrocher les wagons entre les différents personnages : la fameuse tireuse qui change de prénom en fonction de ses identités ; le chef de la Stasi qui paraît bien rigide et sa subalterne qui est un modèle d’embrigadement ; la jeune et peu jolie secrétaire américaine qui est en couple avec un policier berlinois plein de charmes.

J’ai aimé suivre le personnage principal qui se prénomme Veronika, puis Monika, avant que l’on découvre que son prénom de naissance est Ava, et qui deviendra Johanna : son histoire d’allemande juive dénoncée et violée par le propriétaire de l’immeuble qui la met à la rue ; sa fuite en URSS ; son adresse au tir ; sa déportation en Sibérie ; son retour sur son sol natal.

J’ai aimé que Ava (appelons-là Ava de son prénom de naissance) se lie d’amitié avec des femmes : Paula qui lui apprend à s’habiller, la fille de son violeur.

J’ai été émue par June, la secrétaire américaine si éprise de son bel allemand Ralph qui sort souvent acheter des cigarettes après des confessions sur l’oreiller, sa naïveté mais aussi ses oreilles qui trainent.

J’ai adoré Kirsten, la jeune policière de la Stasi qui s’étonne tout de même qu’aucun allemand de l’ouest ne cherche à passer en douce dans la patrie du communisme et de la liberté, et qui aime Gershwin.

Bien sûr, j’ai détesté Ralph, le beau mâle allemand, ancien nazi, qui viole son adjointe en se persuadant qu’elle aime ça.

Et j’ai adoré cette fameuse adjointe, Margaret, qui se venge avec le sourire.

Contre toute attente, j’ai aimé découvrir les agents doubles et leur parcours, leurs moyens de liaison.

Et, me demanderez-vous : pourquoi un tel remue-ménage entre espions ? A cause de la venue de JFK programmée mais peu certaine, Jackie ayant une grossesse difficile.

J’ai aimé suivre cette répétition sur fond de guerre froide.

L’image que je retiendrai :

Celle du chat Benno qui s elit avec Ava dans sa première planque et qu’elle ira récupérer, mettant sa couverture en danger.

Merci Frederic pour cette riche idée de lecture

10X18, 2 octobre 2025, 504 pages

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