Auteurs en M

Les bûchers de Calcutta – Abir MUKHERJEE

C’est toujours un plaisir de ce plonger dans une nouvelle enquête de Wyndham et Satyen. Ou plutôt devrais-je dire deux enquêtes, car chacun investigue sur un problème différent : un meurtre pour l’anglais et la disparition de sa cousine pour l’indien qui sera réintégré dans la police de Calcutta.

Je me suis posée de nombreuses questions sur l’actrice Estelle Morgan : cherche-t-elle à draguer Sam ? Et si oui pourquoi ? Car elle n’est jamais loin d’un cadavre récemment occis dans ce roman.J’ai aimé que Satyen se pose des questions sur la femme qu’il a abandonné en France sur ordre de son père, Elise.

Et j’ai aimé les réflexions à propos du colonialisme anglais.

J’ai découvert l’actrice Merle Oberon dont s’est inspiré l’auteur pour le personnage d’Estelle.

Et j’ai découvert le couple Jatin et Nellie Sengupta : elle anglaise et lui indien, lui maire de Calcutta et elle présidente du Partie du Congrès pour l’indépendance de l’Inde.

J’ai souri de la tombe de Rose Aylmer qui se trouve dans le cimetière anglais de Park Street : elle est morte prématurément pour avoir mangé trop d’ananas et ce décès a été mis en vers, ce qui l’a rendu célèbre.

J’ai appris que Wallah veut dire travailleur en Hindi.

Bref, une lecture enrichissante tant sur le plan historique que de l’évolution des personnages récurrents.

Quelques citations :

Nous avons passé les 150 dernières années à singer les Britanniques et pendant tout ce temps nous n’avons pas réussi à adopter leur seul qualité vraiment respectable, à savoir leur capacité à former une file d’attente digne de ce nom. (p.138)

Nous sommes un peuple assujetti corps et âme. Nous rejetons la sagesse de notre passé pour reproduire la manière d’être d’autrui et nous appelons ça le progrès. Nous bannissons kurta et dhoti pour transpirer dans des pantalons et des cols amidonnés. (..) A l’heure actuelle, nous sommes un peuple qui se méprise. Pourquoi diable prendrions-nous soin de notre passé ? (p.142)

L’image que je retiendrai :

Celle sur laquelle s’ouvre le roman : un bûcher dressé sur les rives du fleuve pour un riche mécène bengali assassiné.

Lu sur Liselotte

15 commentaires