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A voix haute – Polina PANASSENKO

De l’auteure, j’avais aimé son premier roman Tenir sa langue (Prix Femina des lycéens 2022). Et j‘ai encore plus apprécié ce second roman.

La narratrice décide de se rendre à Moscou pour entrer à l’Ecole du Théâtre Nationale.

J’ai découvert la méthode Stanislavski enseignée en Russie : même le dimanche, les étudiants sont à l’école pour regarder des films (contrôle des présences) ; pas de fatigue tolérée ; rapport à rendre à chaque début de semaine ; préférence aux garçons (seules 4 filles par promotion) , bref, un enseignement fondé sur la peur.

Puis la narratrice s’intéresse à son arrière-arrière-grand-père mort en déportation.

J’ai aimé suivre la narratrice dans les demandes des dossiers de son aïeuls, la patience dont elle fait preuve avec chaque interlocuteur, mais surtout ses voyages au fin fond de la Russie pour rencontrer un homme qui maintient vive la mémoire des déportés du Goulag.

J’ai appris que le mot Goulag est un acronyme pour Administration centrale des camps.

J’ai découvert des habitants russes qui ne parlent jamais près de leur porte, les plus vieux ont encore peur des coups de sonnettes.

J’ai aimé le concept de peur phréatique : les mots contournés, les sujets évités, ce qui n’est pas nommé. Par les mots manquants , la peur coule de langue en langue. (168)

C’était évident, mais la narratrice explique que ce pays vit sous le règne de la peur, résultat du silence et de l’absence de condamnation des coupables alors que leurs noms sont écrit sur les rapports archivés des procès.

J’ai aimé ce que fait la narratrice : une catabase (elle descend aux Enfers de la bureaucratie pour chercher des traces de son aïeul).

Un roman pour inscrire un ascendant et sa destinée tragique dans l’Histoire.

Une citation :

Les photos d’acteurs, c’est pas contractuel, ce sont des suggestions de présentation. (p.66)

L’image que je retiendrai :

Celle des différentes portes présentent au musée du Goulag de Moscou : des portes d’appartements ou de maisons, des portes de cellules, de la Kolyma ou de Magadan.

Je remercie ma Librairie préférée pour cette lecture de la Rentrée Littéraire 2026

Editions de l’Olivier, 21 août 2026, 272 pages

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