Nos vies sauvages – Hemley BOUM
De l’auteure, je n’avais pas du tout aimé Le rêve du pêcheur : je n’étais pas arrivé à entrer dans l’histoire. En commençant ma lecture, j’ai crains le même scenario. J’ai laissé à l’auteure jusqu’à la page 50, heureusement, j’ai accroché vers la page 30 et suivante.
Car le premier chapitre est plutôt embrouillé : qui parle ? à qui ? pourquoi ?
Le chapitre suivant n’apporte pas les réponses tout de suite, mais l’auteure m’avait accroché.
J’ai aimé suivre Ndolo, son tempérament de fonceuse (son père lui a appris à conduire à 15 ans et à ne regarder que droit devant elle) et son choix d’aider les opposants au régime de Paul Biya.
J’ai préféré le personnage de Zeinabou Ndam, première femme admise dans l’armée, tireuse d’élite que le chef des Renseignements prend sous son aile. Issue d’un milieu populaire, elle ne doit son ascension qu’à son talent. J’ai aimé sa prise de conscience politique.
J’ai aimé découvrir l’histoire du Cameroun depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui : son président depuis 1982, la façon d’exercer son pouvoir en faisant croire à une opposition politique (les opposants obtiennent soit des postes dans un ministère, soit sont enfermés longtemps).
J’ai moins aimé l’histoire d’amour entre Ndolo et l’opposant Enow.
J’ai aimé détester le chef de Zeinabou, Fokam, qui déteste les femmes. Et j’ai aimé la vengeance de la française Arlette contre lui.
Mention spéciale à la mère de Ndolo qui, pendant toutes ses années de mariage, s’est tenue au courant de la vie politique de son pays et des arcanes.
J’ai aimé l’expression « faire le canard » que la mère de Ndolo et celles de sa communauté font chaque jour : paraître sereine et indifférente et surface, et sous l’eau, pédaler de toutes ses forces.
J’ai découvert la poétesse Audre Lorde, militante féministe et engagée pour la défense des droits civiques aux États-Unis.
J’ai découvert la coutume du toquer-porte : la famille du futur mari se rend dans la famille de la future épousée pour officialiser ses intentions de mariage.
Un roman passionnant et instructif qui met en scène des femmes fortes qui souhaitent prendre en mains l’avenir de leur pays.
L’image que je retiendrai :
Au Cameroun, les hommes peuvent être polygame, mais les femmes ont le droit de divorcer et d’avoir successivement, plusieurs maris.
Je remercie ma Librairie préférée pour cette lecture de la Rentrée Littéraire 2026
Gallimard, 20 août 2026, 336 pages
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25 commentaires
vagabondageautourdesoi
Bonne prescription, semble-t-il ! Pourquoi pas ?
Alex-Mot-à-Mots
J’aime ce qui concerne la géo-politique de façon générale, alors ce roman était pour moi.
je lis je blogue
Les femmes africaines ont une force incroyable. Depuis quelques années un certain nombre d’autrices se distinguent.
Alex-Mot-à-Mots
Et c’est tant mieux.
Ingannmic
J’aime beaucoup moi aussi cette expression « faire le canard », que je ne connaissais pas… j’ai lu le 1er (je crois) titre de cette auteure, Les maquisards qui m’avait beaucoup intéressée pour son contexte (l’accession à l’indépendance du Cameroun), mais dont l’écriture ne m’avait pas trop emballée..
Alex-Mot-à-Mots
Je n’ai pas lu son premier roman, mais j’ai tout aimé dans celui-ci (ce que tu dis à propos du style ne me fait pas noter ce premier roman).
Violette
belle idée de lecture, je sors du pays voisin (en lecture), le Nigéria.
Alex-Mot-à-Mots
J’espère que ce roman croisera ta route de lectures africaines.
Caro
excellente expression que celle du canard! je note bien entendu ce roman, ton billet est irrésistible! Des femmes fortes, la découverte d’un pays que je connais peu, cela ne peut que me donner envie!
Alex-Mot-à-Mots
Cette lecture m’a plu pour toutes ces raisons.
Hedwige
Merci pour ce roman sur un pays dont la réalité m’est inconnue et avec de beaux portraits de femmes porteuses du flambeau des libertés.
Alex-Mot-à-Mots
Une lecture qui m’a permis de découvrir l’histoire politique tourmentée de ce pays.
loeilnoir
Ces portraits de femmes fortes de l’Afrique me font penser aux livres de Djaïli Amadou Amal que j’ai beaucoup aimés, alors pourquoi pas celui-ci!
Alex-Mot-à-Mots
Tu as un titre à me conseiller ?
loeilnoir
Sans hésiter Les Impatientes (prix Goncourt des Lycéens 2020) et Coeur du Sahel, sa suite.
ToursEtCulture
Cela pourrait m’intéresser aussi.!
Alex-Mot-à-Mots
Chic, j’espère qu’il croisera ta route.
Fanja
J’ai commencé à m’intéresser à cette autrice récemment suite à une interview et j’étais tentée par ce roman. Je note qu’il ne faut pas lâcher dès le premier chapitre.
Alex-Mot-à-Mots
Oui, mais heureusement, le second chapitre arrive vite.
luocine
tu est la première lectrice qui n’a pas aimé « le rêve du pêcheur » donc je retiens ce titre car moi j’ai adoré son premier roman.
Alex-Mot-à-Mots
Maintenant, je pense que je n’étais pas assez concentrée pour Le rêve du pêcheur. Cette lecture est arrivée au bon moment.
bulledemanouec671473c7
Je n’ai encore rien lu de cette autrice mais j’avais noté « le rêve du pêcheur » parce qu’il avait eu un prix et se trouvait dans ma médiathèque en ville et « les jours viennent et passent » sans doute parce que j’avais lu une chronique positive…celui-là me plairait aussi.
Alex-Mot-à-Mots
J’étais passé à côté du roman « Le rêve du pêcheur » car je n’étais pas assez concentrée. Ce second roman est arrivé au bon moment.
coupsdecoeurgeraldine
Tentant et intéressant… on connait si peu le Cameroun en fait… L’occasion de réparer cette lacune.
Alex-Mot-à-Mots
Un petit peu, oui.