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La sainte patronne des menteuses – Ann PATCHETT

Premier roman écrit par l’auteure, il vient d’être traduit en français, et évidement mon Club de lecture ne pouvait pas passer à côté.

J’ai aimé me plonger dans la vie de Rose, qui se marie avec Thomas sans vraiment l’aimer. Se découvrant enceinte, elle part avec sa voiture, une Dodge bleue, pour ne jamais revenir.

Le récit se déroule entre les années 40 pour Son jusqu’aux années 70.

Elle traverse les Etats-Unis de la Californie au Kentucky, trouvant refuge dans un ancien hôtel de luxe transformé en maison pour jeunes filles enceintes et tenue par des sœurs catholiques.

J’ai aimé découvrir l’origine de la maison dans le premier chapitre, la famille qui a découvert la source bienfaitrice et les sœurs qui y sont encore.

J’ai aimé sœur Evangeline qui cuisine mal, et qui laisse sa place à Rose devant les fourneaux sans elle-même quitter la cuisine. Sœur Evangeline qui sait écouter les bébés et les secrets des mères.

J’ai aimé le second mari de Rose, Son, un homme taiseux qui a été follement amoureux de Cecilia et qui, lui aussi, est arrivé à Sainte-Elisabeth par hasard.

J’ai aimé leur fille, Cecilia, qui grandit dans ce cadre si particulier, sans savoir que Son n’est pas son père biologique.

J’ai aimé que ce roman me parle d’abandon (les filles enceintes ne voient jamais leur bébé qui est confié à l’adoption) préparé de façon communautaire : toutes les filles sont dans le même état et, une fois qu’elles ont accouché, ne reviennent jamais dans la maison. Les filles se lèvent et se remplacent.

Contrairement à toute attente, j’ai aimé le silence de Rose, qui n’a jamais pris un jour de congé, cuisinant 3 repas 7 jours sur 7, et qui n’a pas vraiment de temps pour parler avec sa fille.

J’ai aimé le caractère secret de Rose qui choisit d’habiter seule.

J’ai aimé sentir que la séparation, même si avec le temps est moins douloureuse, reste un marqueur de la vie de Son et de Rose, chacun à leur façon.

Enfin, j’ai aimé que ce roman parle de l’enfance équilibrée de Cecilia malgré une mère absente et taiseuse.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Dodge bleue, qui appartient au mari de Rose, avec laquelle elle traverse les Etats-Unis, qui restera plus de 15 ans dans un garage et qui servira à Cecilia pour apprendre à conduire.

Actes Sud, 6 mai 2026, 480 pages

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