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Corne d’or – Maryla SZYMICZKOWA

J’ai aimé la Cracovie de novembre-décembre 1900 pleine de boue : la mairie s’est enfin décidée à construire des égouts. Ou plutôt reconstruire, après l’invasion suédoise qui avait détruit les canalisations urbaines. depuis, les immondices flottaient dans les caniveaux…

Comble de malheur, le jeune Rydel de bonne famille se marie avec une paysanne, et Zofia Turbotynska ne veut rater cet événement pour rien au monde. Elle décide donc d’y aller avec Zelenski, un cousin.

J’ai découvert Niobé, fille de Tantale et reine de Thèbes par son époux Amphion, car la mère de Rydel joue la Niobé de Cracovie (p.18).

J’ai appris ce qu’était l’Evidenzbureau : le service de renseignement militaire de l’Empire austro-hongrois, fondé en 1850 à Vienne et considéré comme l’un des tout premiers services secrets militaires permanents au monde.

Et j’ai découvert qui était Zawisza le Noir : un célèbre chevalier, commandant et diplomate polonais du XVe siècle, entré dans l’histoire et la légende comme le symbole suprême des vertus chevaleresques, de la loyauté et de l’honneur.

Il est également question de Stanisław Teofil Kurkiewicz (1867–1921) un médecin interniste polonais et un pionnier de la sexologie, reconnu pour avoir introduit le terme « sexuologia » en 1902.

Et Zofia dans tout ça, me direz-vous ? Elle enquête, bien sûr, après qu’un homme mort ait été retrouvé dans la cour de l’immeuble en face de chez elle.

Elle rencontre toujours le juge Rajmund Klossowitz qui lui dévoile ses sentiments d’une bien curieuse façon.

J’ai aimé les touches d’humour qui parsèment cette enquête qui met à jour les actions de différents services de renseignements qui agissent en Pologne (les Russes et les Autrichiens).

Ce roman, commencé à Varsovie en 2019, s’est achevé à Berlin en avril 2020, les auteurs ayant trouvé refuge en Allemagne, plus respectueuse des droits de l’homme.

Quelques citations :

… par l’abondance d’énormes mouches qui maintenant, en novembre, sont peu nombreuses, mais dont en été des générations entières souffrent de colique justement dans le salon, et justement sur nos souvenirs de famille. (p.107)

Elle n’était pas convaincue de la véracité de la  légende, mais elle savait que les gens avaient besoin de héros, de préférence en bronze, muets, et dont chacun pouvait leur faire dire ce qu’il souhaitait. (p.206)

L’image que je retiendrai :

Celle des couleurs des tenues de Zofia (griotte, violet) au milieu du paysage terne de la ville.

Je remercie les Editions Agullo pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman en avant-première

Lu sur Liselotte

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