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Chez Tada : Travaux en tout genre – SHION Miura

J’ai aimé le personnage de Tada (qui veut dire « gratuit » en japonais) : il effectue vraiment des travaux en tout genre, de la tonte du jardin à la garde d’animaux en passant par le ramassage scolaire. Il habite seul un petit appartement d’une banlieue éloignée de Tokyo, Mahoro.

Ce jour d’hiver où commence le roman, il rencontre par hasard sur un banc un ancien camarade de lycée Gyôten.

Gyôten était un élève étrange qui ne parlait pas et dont un bout du petit doigt de la main droite a été sectionné accidentellement en cours de travaux pratiques.

Des années plus tard, Gyôten n’en finit plus de parler mais ne fait pas grand chose pour aider Tada qui l’héberge et le nourrit.

Pourtant, Gyôten perçoit des détails qui échappent totalement à Tada : il sait dire lorsqu’une personne ment ; comprend les sous-entendu de certaines situations.

Tout au long d ema lecture, je me suis demandé si Gyôten n’était pas atteint d’un trouble du spectre autistique.

Depuis l’arrivée de Gyôten dans sa vie, Tada va croiser la route de nombreux personnages troubles : prostituées, vendeurs de drogue, caïds…

J’ai aimé que Gyôten risque sa vie face à un malfrat du quartier derrière la gare.

J’ai eu de la peine pour Yura, l’enfant seul que Tada et Gyôten doivent ramener chez lui après les cours du soir 3 jours par semaine. Il est conscient que ses parents ne s’occupent pas assez de lui.

J’ai aimé Kiyomi qui protège sa meilleure amie Sonoko soupçonnée d’avoir assassiné ses parents.

J’ai aimé que Tada appelle son vieux pick-up sa Titine, et qu’il surnomme le mac de Lulu la Colombienne Shinounet (Lulu n’est absolument pas Colombienne et son mac qui deale s’appelle Shin).

J’ai aimé le chihuahua tremblotant que Tada est chargé de garder, qu’il appelle chihuahua, mais qui se nomme Hana.

J’ai découvert qu’au Japon, l’horoscope se base sur les groupes sanguins et qu’au Nouvel An, on dispose des kadomatsu devant les montants de sa porte d’entrée. Ceux que Gyôten offren à Tada sont immenses, mais en produits naturels. Avec la facture dedans car Gyôten ne peut pas les payer.

J’ai aimé découvrir l’ancienne vie de Tada, quand il était amoureux et la tragique mort de son nouveau-né. J’ai aimé cet éternel doute en lui, instillé par son ex-femme qui l’avait trompé : aurait-il pu fonder une famille heureuse avec un enfant qui n’était pas de lui.

J’ai aimé me poser la question de savoir pourquoi Gyôten était autant intéressé par Sonoko qui est soupçonné d’avoir assassiné sa famille. Tada laisse entendre que c’est ce que Gyôten a fait.

J’ai aimé l’histoire de la naissance de la fille de Gyôten : un acte complètement désintéressé

J’ai aimé qu’il explique à Tada que toutes les cicatrices se referment, à l’image de celle sur son doigt sectionné.

Vous l’aurez compris, un roman tendre avec un peu de suspens et un peu d’humour.

C’est le premier d’une trilogie, parait-il, je vais guetter la parution des tomes suivants.

L’image que je retiendrai :

Celle de M. Oka de Yamashiro, persuadé que la fréquence des bus de la ligne qui passe devant chez lui a diminué, alors que Tada lui prouve 2 fois par an le contraire.

Actes Sud, 21 mai 2025, 304 pages

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