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Un fils de notre temps – Odön von HORVATH

Ecrivain né en ancienne Autriche-Hongrie et mort accidentellement à Paris 36 ans plus tard, je découvre cet auteur de pièces de théâtres avec ce roman paru en 1938.

Ce court ouvrage raconte une partie de la vie d’un chômeur qui s’engage dans l’armée au discours simpliste : il faut supprimer les lois et sauver le pays voisin.

Son père, qui a fait La Grande Guerre, tente de le dissuader, mais le jeune homme s’engagera tout de même et y perdra un bras en voulant sauver son commandant qui voulait se suicider.

Au travers des yeux et du discours du narrateur, qui reprend les mots de la propagande, on devine le régime autocratique et la quête de nouvelles terres par la guerre.

On devine les actions qui ne respectent pas les droits de la guerre en s’en prenant à des femmes et des enfants. Le narrateur parle d’opération de nettoyage contre ces sous-hommes dégénérés… (p.95)

J’ai aimé la fascination du narrateur pour ses 3 étoiles argentées qu’il acquiert lors de batailles. Elles représentent son seul bagage, lui qui n’a pas de travail.

L’occasion pour l’auteur de brocarder les industries d’armement, les seules qui y gagnent en ces temps de guerre.

Un récit serré, sans fioritures, sur la vie à l’arrière en temps de guerre.

Une citation :

Ne vous bourrez pas le crâne quand vous voulez vous remplir les poches ! (p.138)

L’image que je retiendrai :

Celle de la fête foraine où le narrateur tombe amoureux de la jeune fille qui vend les tickets du train fantôme.

Lecture commune sur proposition d’Ingannmic en hommage à Goran, blogueur disparu.

Gallimard, 8 juin 2006, 168 pages

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