Auteurs en D

La méthode – David DJAIZ

C’est avec une certaine interrogation que je commençais la lecture de ce roman : de quelle méthode s’agit-il ?

L’auteur commence par nous présenter longuement Paul, jeune laborantin qui voue une admiration sans borne à Louis Pasteur, encore en activité. Il rêve de faire de Grandes Découvertes pour le bien de l’humanité et, peut-être, devenir l’égal des grands savants du siècle.

Il se voit promettre un poste à Constantinople, mais doit faire face au manque d’argent. Il végète pendant plus de 8 ans dans un laboratoire qui n’en a que le nom.

Et puis le maire de Constantinople décide de nettoyer la ville des chiens errants qui la peuplent. Paul saisi l’occasion pour élaborer une méthode d’éradication sans heurt.

Bien sûr, en lisant les détails très bien pensés de cette fameuse « méthode », on en peut s’empêcher de faire le parallèle avec la méthode nazi qui reprendra certaines façons de faire (des baraques spéciales, du gaz, l’optimisation des dépouilles).

J’ai eu de la peine pour Paul qui croit en sa méthode scientifiques sans affect aucun (les chiens deviennent des « unités canines »). La méthode est le meilleur antidote à al cruauté et la voie la plus sûre vers l’hygiène publique, croit-il (p.174).

J’ai eu de la peine pour cet homme obnubilé par l’hygiène, au point de se laver les mains plusieurs fois par jour au phénol jusqu’au sang.

Une obsession de l’hygiène omniprésente dans les hautes sphères qui veulent un Empire sain, purifié de ses « parasites visibles » (p.245).

J’ai aimé ce roman qui pose la question de l’apport de la science pour une cause absurde (la purification du pays), et j’ai aimé que Paul, des années plus tard, reconsidère sa méthode.

Toutefois, le dernier paragraphe sur la lumière m’a paru de trop.

J’ai découvert que l’auteur est un haut-fonctionnaire qui conduit des recherches sur la genèse de la théorie politique moderne.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’île des chiens, Sivriada, devenue île maudite après la déportation des chiens de la capitale qui y sont morts de faim et de soif.

Je remercie Babelio pour l’envoi de ce roman, ainsi que les éditions Stock pour leur partenariat

Stock, 19 août 2026, 264 pages

16 commentaires

Laisser un commentaire