On ne mange pas les cannibales – Stéphanie ARTARIT
Prix Quai du Polar 2026
Je n’aime pas les zoos, même si leur mission est aussi de protéger des espèces en voie de disparition. Et contre toute attente, j’ai aimé lire ce polar qui se déroule dans un zoo.
Peut-être parce que le directeur est un homme au grand cœur, enfant de l’Assistance Publique, il fait travailler des personnes qui, elles aussi, sont des enfants de l’Assistance (le récit se déroule de la fin des années 70 jusqu’au milieu des années 80).
Peut-être parce que la proximité des animaux avec leur part d’animalité encore présente m’a appris sur leur comportement, notamment le rôle de l’odorat lorsque les hormones humaines se transforment sous les effets des émotions.
J’ai aimé ne pas ressentir de misérabilisme en lisant ce qu’il se passait dans la famille de Bambi : le père disparu (en fait tombé du cerisier et enterré dessous) ; la mère handicapée suite à une chute du toit ; les jumeaux Sam et Valérien qui ne grandiront jamais ; le grand frère Martin qui ne cherche qu’à faire du mal à autrui.
J’ai aimé les noms : Rapaz est le nom de la famille, et celui du directeur du zoo : Noël Rivière ; celle du singe Adam ; et celui de la fille de Bambi : Féline.
J’ai aimé lire les pensées du singe Adam, mis en quarantaine après qu’il ait tué le vieux singe dominant : ses pensées sur l’humain enfermé avec lui.
J’ai aimé qu’il lui trouve une odeur de panthère parfumée.
J’ai aimé que la vengeance de Noël soit difficile : n’est pas tueur qui veut, même si l’arme par destination est le singe Adam. Cette vengeance n’est en réalité qu’un exutoire à son deuil.
J’ai aimé les jumeaux omniprésents, ce qu’ils cachent et ce qu’ils comprennent tout de même.
Attention divulgation : j’ai été surprise que Martin, malgré ses nombreuses lectures pendant des années, malgré son verni de culture, redevienne animal lorsqu’il voit l’objet de son obsession.
Un excellent roman sur l’animal en nous.
L’image que je retiendrai :
Celle du singe Adam qui, lui aussi, analyse le comportement des humains.
Belfond, 22 mai 2025, 400 pages
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Tosca - Giacomo PUCCINI
17 commentaires
vagabondageautourdesoi
J’avoue que moi aussi le zoo ne m’attire pas, mais ton retour donne envie !
Alex-Mot-à-Mots
L’auteure permet facilement de passer outre notre désamour du zoo. Et puis ce cadre est plutôt bien trouvé.
Light And Smell
Pas fan non plus des zoos mais je suis intriguée par ce roman et cette idée de retrouver l’animal en nous.
Alex-Mot-à-Mots
Alors cette lecture est pour toi.
je lis je blogue
Ce polar a l’air assez original malgré le trop plein de misérabilisme.
Alex-Mot-à-Mots
Ce n’est pas ce qui m’est resté en mémoire, tant mieux.
Hedwige
J’hésite malgré les points positifs que tu relèves, ce roman me semble tellement excessif !
Alex-Mot-à-Mots
Cela ne m’a pas marqué, pourtant, lors de ma lecture.
luocine
les enfants aiment bien les zoo et j’y suis allée avec mes petits enfants et je trouve que l’on est loin des animaux en cage aujourd’hui.
Alex-Mot-à-Mots
Leurs conditions se sont améliorées, et c’est tant mieux.
Fanja
Pas très zoo non plus, mais ce polar a l’air très réussi. J’aime beaucoup le titre en plus.^^
Alex-Mot-à-Mots
Le titre s’explique à la toute fin du roman.
keisha41
J’avais du le noter après le billet de Sandrine (?) mais bon, je ne suis pas fan de zoos (et j’habite à 20 km de pandas, sans y aller)
Alex-Mot-à-Mots
Les pandas : ces animaux asociaux qui ne font que manger des bambous…
carfax
bonjour, comment vas tu? merci pour la découverte. passe une belle soirée et à bientôt!
ta d loi du cine
Ça a l’air bien intrigant!
(s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola
Alex-Mot-à-Mots
Une lecture qui te plaira, j’en suis certaine.