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Nos héritages – Anna HOPE

L’auteure prend le temps d’installer ses personnages : la famille et les 4 autres personnes qui assisteront à l’enterrement du patriarche Philip Brooke.

Il y a la fille aîné Frannie qui a mené avec son père le projet Albion de réensauvagement du domaine ; le fils Milo qui veut installer sur une partie du domaine une clinique pour les décideurs du monde ; et la dernière Isa encore amoureuse de Jack.

J’ai aimé leur mère et sa colère contre son mari décédé, qui était parti vivre à New-York avec une autre femme, et puis était revenu au domaine. J’ai énormément aimé sa robe jaune qu’elle avait acheté à Ned et jamais remise ; j’ai aimé son amour avec Ned qui a attendu toutes ces années pour s’exprimer enfin.

Je n’ai pas aimé Luca, l’ami de Milo avec qui il doit créer cette fameuse clinique pour ultras riches avec un traitement à base de psilocybine, un champignon hallucinogène. Luca est le type même de l’anglais formé dans les Grandes Ecoles et qui vit d’investissements à travers le monde.

J’ai moins aimé Jack, régisseur du domaine, qui décide de partir travailler en Ecosse dans un nouveau domaine 10 fois plus grand.

J’ai adoré Ned, l’ami de Philip, qui s’est installé dans un coin du domaine avec son bus scolaire et n’en a plus bougé pendant plus de 50 ans. Il aime écouter de vieux disques sur sa platine vinyle et recueil les enfants Brooke lorsqu’ils vont mal.

Et puis arrive Clara, la fille de Natasha, la seconde femme de Philip. J’ai aimé qu’à partir d’un coffret de cauris, elle explique à la famille l’histoire de leur fortune : un héritage beaucoup plus problématique que les futurs impôts sur la succession.

J’ai aimé les leitmotivs de l’immense manoir humide par opposition au cottage cosy ; le Teddy Bears’ Picnic plus grand que Woodstock ; Frannie qui essaye d’écrire l’oraison funèbre de son père ; le tableau du célèbre peintre Reynolds.

Et puis j’ai adoré l’omniprésence de la nature : les chants des oiseaux, les fleurs et les arbres, ce jardin anglais autour du manoir imposant.

J’ai aimé découvrir l’expression « prendre saisine » que Rowan, la fille de Frannie, découvre dans Shakespeare avec le personnage de Puck : celui-ci découpe un carré de terre et le donne à son ami, signifiant ainsi que la parcelle est à lui.

Un roman au charme bucolique, au magnifique vieux manoir dans un jardin anglais qui a pu naître d’un commerce tragique du 18e siècle.

Quelques citations :

Ces corps – leur terreur et leur exil, leurs espoirs de liberté, leur souffrance et leur détresse, leur vie et leur mort – ont été changés en quatre hectares d’excellente terre anglaise, préservée sur sept génération. Et pour les sept prochaines. (p.334)

Je pense que les gens se racontent des histoires de fin du monde depuis la nuit des temps. Je pense que les gens continueront à raconter la fin de certains mondes et le début de nouveaux… (p.393-394)

L’image que je retiendrai :

Celle du coffret contenant les kilos de cauris, portant le nom Albion sur le dessus. 2 kilos de cauris suffisaient à acheter un enfant de 7 ans.

Gallimard, 8 janvier 2026, 448 pages

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