Auteurs en V

La Peur dans l’âme – Valerio VARESI

J’ai bien cru que le commissaire Soneri allait raccrocher à la fin de sa précédente enquête. Il a choisi de se mettre au vert dans les Apennins avec Angela qui, malheureusement, ne supporte pas la nature.

Dans ce pays de Montepiano se cache un Russe, qui se révélera être Serbe, qui échappe aux carabiniers, semant la peur dans le village.

Et puis un jour, un jeune homme est retrouvé mort et le commissaire enquête à sa façon entre gens taiseux et vieilles croyances.

J’ai découvert celle du Baffardello (ou feu follet) qui s’amuse à déplacer des objets dans votre maison.

J’ai aimé qu’Angela sache écouter les confidences de la femme du quincailler ou de la coiffeuse, mais surtout celle de l’aubergiste qui ne se confie que lorsque son mari est parti.

J’ai aimé le vieux Benati, ancien maire, qui revient au village l’été car il ne veut rien lâcher. Bien sûr, son aidante étant slave, les villageois ont peur d’elle.

J’ai eu de la peine pour Tilo, le vieille homme et sa mule qui, parce qu’il travaille dans les bois, connaît tous les secrets de la forêt profonde, mais ne dit rien.

J’ai adoré qu’au pays (comprenez au village), tout aille mal sauf la cuisine : gnocchis aux cèpes ou pâtes à la truffes…

Une enquête sur fond de peur : les villageois se barricadent chez eux alors que le Serbe n’a été qu’aperçut de loin. Mais il utilise les réseaux sociaux pour faire croire qu’il hante encore les bois.

Quelques citations :

Ici, l’apparence n’est pas comme en ville, c’est une question d’alignement sur le comportement général. Il y a une limite au-delà de laquelle tombent la réprobation et la honte, comme vous l’appelez. (p.73)

Cela va vous paraître étrange mais en parlant autour de nous.. on ne sait pas où ets né l’insécurité, c’est peut-être simplement suggestif. (p.74)

La peur fait courir l’imaginaire. La menace devient plus grande que ce qu’elle est en réalité, comme les animaux qui hérissent le plumage. (p.156)

Si vous perdez la tradition, vous ne savez plus qui vous êtes et alors les gens éprouvent un mal-être. Ce n’est peut-être pas très important mais c’est l’unique chose à laquelle se cramponner pour dire qu’il y a un ici et qu’il y a un ailleurs. (p.316)

Soneri songeait à la façon dont les malheurs naissaient d’un mélange de rancune, de peur et de vanité. (p.374)

L’image que je retiendrai :

Celle de la biche croisée dans les bois et qui symbolise une forme de liberté.

Agullo, 16 avril 2026, 422 pages

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