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Nerona – Hélène FRAPPAT

De l’auteure, j’avais aimé il y a quelques années Lady Hunt.

J’ai aimé ce nouveau roman (je ne lis pas ses essais mais parfois ses traductions), même si je le trouve trop ramassé.

J’ai aimé le personnage outrancier de Nerona (féminin de Néron), qui se fait appeler Le Prince. Elle a été élue démocratiquement sur un programme que l’on devine démagogique, et gouverne depuis par décrets en bonne autocrate.

Elle enjolive son passé et sa mère et sa sœur n’ont pas voix au chapitre, même si sa sœur, un peu mage, tente de l’alerter sur sa fin prochaine, elle qui avait prédit son avènement.

Son parti se nomme FEU (Force, Energie, Union), et l’auteure de filer la métaphore incendiaire (oui, elle était facile celle-là…).

Son symbole : le taureau en rapport avec la légende de Zeus déguisé en taureau blanc pour enlever Europe et la violer. Tout un programme.

J’ai aimé son discours féministe : les femmes coupables de corruption sont numériquement inférieures aux hommes (p.20) ; à l’intérieur des familles tout est confié aux femmes (p.21)

J’ai beaucoup moins aimé son discours climato-sceptique qui reprend celui de dirigeants connus.

Et j’ai aimé que sa fille lui cloue le bec en lui affirmant qu’elle fait de la pensée magique et que sa toute-puissance bute contre la réalité (p.140)

Je me suis demandée pourquoi l’auteure faisait appel à Julia Roberts dans ses pages, mais j’ai aimé ce qu’il se passe après l’effondrement du pont.

J’ai détesté le jeu télévisé dont les candidats sont des migrants qui peuvent décrocher un titre de séjour et de travail.

Un roman trop mince pour un tel sujet, composé de chapitres plus ou moins courts dont il revient au lecteur de deviner qui parle et quelle est la situation. Certains situations sont restés floues pour moi, je n’avais pas assez d’indices.

Au final, j’ai apprécié ce portrait au vitriol du Prince et de la société qui gravite autour de lui.

Une citation :

Des générations de cuisinières m’ont appris que l’adversité vous façonne un estomac capable de digérer les pires humiliations. (p.14)

L’image que je retiendrai :

Celle du feu, omniprésent dans ces pages.

Actes Sud, 20 août 2025, 160 pages

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