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Le dernier des Camondo – Pierre ASSOULINE

Je découvre la plume de cet auteur avec, de l’avis de mes amies, son meilleur livre.

Ce n’est pas un roman, ce qui m’a dérouté au départ, mais plutôt le récit de la vie du comte Moïse de Camondo, dernier du nom.

Le livre s’ouvre avec la présentation de ce banquier collectionneur du 19e – 20e siècle, l’hôtel qu’il fait construire face au tout nouveau parc Monceau et l’ameublement 18e qu’il choisit dans les meilleurs salles des ventes et chez les meilleurs antiquaires.

Nous suivons ensuite les débuts de cette dynastie qui commence à la fuite d’Espagne en 1492 ; l’installation à Venise  puis à Constantinople et enfin le choix de Paris pour Moïse.

J’ai découvert un homme qui avait appris à reconnaitre les belles pièces et qui ne vivait que pour sa passion et son fils Nissim de Camondo qui devait reprendre le flambeau. Un homme qui, une fois divorcé (fait rare en 1901), s’est plongé corps et âme dans la construction de sa collection.

J’ai aimé sa femme, Irène Cahen d’Anvers (son pédigrée sera également développé), que Renoir avait peint lorsqu’elle était enfant : c’est elle la petite fille au ruban bleu.

J’ai eu de la peine pour cet homme à qui le père et le grand-père avait donné pour mission de transmettre et de perdurer. C’était sans compter sur l’Histoire avec sa grande Hache. Toutefois, le destin, lui, a fait que c’est grâce à sa collection que sa mémoire perdure, en hommage à son fils au Musée Nissim-de-Camondo à cette même adresse.

Un homme expatrié qui cherche à donner à son pays d’adoption le meilleur tout en développant la grandeur de ce pays.

J’ai aimé retrouver Marcel Proust dans ces pages, les deux hommes n’ayant jamais pu se rencontrer, n’ayant pas le même rythme de vie.

Une lecture enrichissante sur la fin du 19e siècle et le début du 20e dans un Paris en pleine mutation.

Quelques citations :

Finalement, ce qui importe, ce n’est pas ce qui s’est passé, c’est le souvenir qu’on en garde. (p.58)

(Moïse de Camondo) invente sa maison, lui donne une âme sans pareille et l’inscrit avec force dans le patrimoine artistique de la France.

L’image que je retiendrai :

Celle des nombreuses constructions permises par Moïse de Camondo qui pratiquait sans restriction la charité pour sa communauté.

Gallimard, 3 octobre 1997, 304 pages

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