La Comédie Humaine (13) – Honoré de BALZAC
Les parisiens en province : L’ILLUSTRE GAUDISSART
Gaudissart est un commis voyageur chargé de vendre les chapeaux pour Article-Paris. Il a tellement de bagou qu’il est surnommé l’Illustre Gaudissart.
Mais il décide de changer d’employeur et de travailler pour plusieurs journaux dont Le Globe et le Journal des enfants.
Il se rend à Vouvray où M.Vernier, teinturier, se joue de lui : il lui fait rencontrer Margaritis devenu sénile.
Margaritis veut lui vendre 2 pièces de vin (300 bouteilles) pour 100 francs. Mais ces pièces appartiennent à son voisin.
Heureusement, l’Illustre Gaudissart s’en sortira par une pirouette.
J’ai découvert le mot argousin : un bas officier des galères.
Pour l’auteur, le commis voyageur représente le génie de la civilisation et les inventions parisiennes aux prises avec le bon sens, l’ignorance et la routine des provinces.
Une nouvelle sur l’arroseur arrosé.
LA MUSE DU DEPARTEMENT
On reste en Touraine, à Sancerre. La jeune Dinah Piédefer, belle et intelligente, se marie à 17 ans avec le petit M. de la Baudray de 44 ans, vigneron et pingre.
Femme supérieure (sic de nombreuses fois), elle se met les femmes de Sancerre à dos et n’invite plus que des hommes.
Etienne Lousteau est de ceux-ci. Feuilletoniste parisien, il s’amuse à conter fleurette à Dinah, puis retourne à Paris.
Il est sur le point de faire un mariage de raison quand Dinah débarque, enceinte. S’en suivront 6 années de haut et de bas dans le couple adultère qui accueillera un second enfant.
M. de la Baudray ne lâche rien et reconnait les enfants, les récupère et les ramène à Sancerre.
Devenu pair de France, il achète une maison dans Paris, y loge sa femme et ses enfants.
J’ai aimé le substitut M. de Clagny qui, lui, est vraiment amoureux de Dinah. Il fera tout pour la tirer des mauvais pas qu’elle rencontrera avec Lousteau.
Il y a beaucoup de lorettes qui gravitent autour du couple. Même si le couple adultère se rend au théâtre et à l’opéra, c’est pour le travail de Lousteau, et pas par statut social.
Même si Dinah comprend que Lousteau est paresseux et la trompe, c’est elle qui s’adapte à l’homme qu’elle aime, devenant sa mère à la fin de leur relation.
J’ai aimé le mari dont on ne saura pas grand chose, si ce n’est qu’il est petit et souvent comparé à un insecte. Mais un insecte qui fait fructifier son capital et celui de sa femme. Un mari qui aime Dinah à sa façon, la laissant partir puis revenir.
Un récit dans lequel il y a des bouts d’autres récits en abyme : les vers composés par Dinah ; des extraits de roman lu lors d’une soirée.
Une citation :
Insensiblement le lecteur a voulu du style, de l’intérêt, du pathétique, des connaissances positives ; il a exigé les cinq sens littéraires : l’invention, le style, la pensée, le savoir, le sentiment ; puis la critique est venue, brochant le tout. (p.145)
Fin du sixième volume : scènes de la vie de province (tome II)
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Le champ des méduses - Oto OLTVANJI
4 commentaires
keisha41
Purée là je suis dans mes terres, Vouvray, Sancerre (qui d’ailleurs n’est pas en Touraine). Abus de p’tit vin blanc?
Alex-Mot-à-Mots
Rien que de voir le nom des vins écrits me rend pompette, il faut croire….
aifelle
Ça fait assez daté ce genre d’histoire .. encore que, il doit s’en passer encore de belles de nos jours, d’une manière différente.
Alex-Mot-à-Mots
La façon de le raconter est datée, en effet (c’est aussi ce qui fait le charme de cette lecture). Mais je ne suis pas persuadée que cela se passe bien différemment de nos jours.