La Comédie Humaine (12) – Honoré de Balzac
Sixième volume : Scènes de la vie de province (tome II)
Les Célibataires
LE CURE DE TOURS
L’action se déroule à Tours, vous l’aurez compris et commence en 1826.
Le timide vicaire Birotteau hérite de tous les biens de l’abbé Chapeloud (son appartement, ses meubles, sa bibliothèque). Mais il ne s’entend pas aussi bien avec la logeuse, Mlle Gamard.
Chapeloud avait prévenu Birotteau : il faut se méfier de l’abbé Troubert. Mais le simple Birotteau n’a pas compris.
Mlle Gamache et l’abbé Troubert unissent leurs forces pour chasser Birotteau de la pension. Troubert récupère l’appartement et les meubles.
Ayant beaucoup d’entregent, il devient chanoine avec l’appui de l’influente Congrégation, réduisant Birotteau à devenir curé d’une petite paroisse de la banlieue de Tours.
Il y a bien sûr les personnages qui prennent parti pour Birotteau, lui promettant monts et merveilles qu’il n’obtiendra jamais ; et le discret vrai ami qui le prévient de ne pas entrer en justice. Comme souvent dans les romans de cette Comédie Humaine, deux clans de province s’affrontent : les aristocrates et les bourgeois (ou ceux qui veulent le devenir).
J’ai adoré le dialogue entre Mlle de Listomère (riche protectrice de Birotteau) et Troubert dans lequel le narrateur indique les sous-entendus entre parenthèses..
Au fur et à mesure de ma lecture, je me suis demandée qui était le curé du titre : celui, naïf, qui rêve trop et perd tout ; où le fieffé coquin qui veut se venger du décédé Chapeloud ?
Il y a beaucoup de vieilles filles dans cette histoire, l’occasion pour l’auteur de nous les décrire : leurs anciens atours et leurs caractères. Si vous vous intéressez aux vieilles filles du 19e, ce récit est pour vous.
Une citation :
… le combat perpétuel entre l’individu contre le système qui veux l’exploiter et qu’il tâche d’exploiter à son profit. (p.231)
LA RABOUILLEUSE – UN MÉNAGE DE GARÇON
Comment vous parler de long (trop long) récit de la vie d’Agathe et de ses deux fils ?
Agathe Rouget marie sa fille Agathe à un haut fonctionnaire et la déshérite.
Son fils aîné, Philippe, trouve la gloire sur les champs de bataille de Napoléon, jusqu’à l’exil de celui-ci. Il boit, il fume, il joue. Et il vole de l’argent à sa famille et à la dame de compagnie de sa mère.
J’ai eu de la peine pour cette dame de compagnie qui joue pendant plus de 20 ans son terne (3 même numéro à la loterie), mais qui le soir fatidique de Noël ne peut jouer parce Philippe lui a volé son argent. Bien sûr, c’est ce soir-là que son terne sort.
Joseph, lui, adore dessiner et deviendra un grand peintre en charge de sa mère.
Pour récupérer l’héritage après le décès du père d’Agathe, celle-ci et Joseph se rendent à Issoudun pour tenter d’entrer dans les bonnes grâces du frère d’Agathe, Jean-Jacques. Mais celui-ci est sous la coupe du facétieux Max et de Flore (que le père de Jean-Jacques avait recueilli jeune fille).
Agathe et Joseph sont trop gentils, Philippe arrive en renfort après être sorti de prison : rocambolesque, à ton tour.
Philippe tue Max lors d’un duel et fait épouser Flore à Jean-Jacques qui décédera peu après. Philippe épouse Flore, récupérant tout l’héritage.
La Rabouilleuse, c’est Flore, celle qui traque les écrevisses et que le père lubrique adopte en attendant qu’elle grandisse pour se marier avec elle.
J’ai aimé que le narrateur me fasse changer d’avis sur Philippe : pauvre lieutenant-colonel qui doit s’exiler aux Etats-Unis après la chute de Napoléon ; fils indigne qui vole le ménage de sa mère : sauveur de l’héritage familial ; gradé qui veut marier une paire de France.
J’ai souri chaque fois qu’Agathe prenait 10 ans lors d’une frasque de Philippe : j’ai cru qu’elle allait terminer liquide.
J’ai souri chaque fois que le narrateur annonce qu’il se lance dans l’historique d’un personnage, parce que c’est vraiment important pour son récit.
Je me demande encore pourquoi ce titre du ménage de deux garçons, étant donné que les deux frères ne font jamais ménage commun.
Celui de La Rabouilleuse ne convient pas non plus car ce personnage n’est qu’un des personnages dans ces pages, un personnage manipulable.
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L'amas ardent - Yamen MANAI
6 commentaires
aifelle
Tiens, une Melle Gamache ! clin d’oeil canadien. Je ne me vois pas lire la nouvelle sur les vieilles filles du 19e siècle, ça doit être horripilant comme tableau.
Alex-Mot-à-Mots
Je n’avais pas fait le rapprochement 😉
Sacha
Quelle galerie de personnages, avec ces gens cupides et incestueux!
Alex-Mot-à-Mots
Une belle brochette de personnages, en effet.
keisha41
Je n’ai pas lu ce curé, mais La rabouilleuse, si, deux fois même, avec Fanja en LC, on avait d’ailleurs fait une visite à Issoudun pour le fameux restaurant… (sans y déjeuner)
Alex-Mot-à-Mots
2 fois : il est pourtant terriblement long…