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La cinquième femme – Maria FAGYAS

J’ai aimé ce polar écrit en 1964 dont l’enquête se déroule lors du soulèvement de Budapest en 1956.

J’ai aimé l’inspecteur Nemetz qui tente de trouver l’assassin de Anna Toth, épouse du médecin Zoltan Halmy. J’ai aimé son entêtement jusqu’au bout pour trouver le coupable.

J’ai apprécié ce fameux médecin qui passe ses jours et ses nuits à l’hôpital pour soigner les blessés qui arrivent en nombre à cause des émeutes dans la ville. Comme tout bon médecin, il soigne indifféremment hongrois et russes.

J’ai trouvé son amante plus terne, qui suit le mouvement imposé par le médecin.

Mais surtout, j’ai découvert l’insurrection à la hauteur des insurgés : les vies fauchées, les enfants qui s’en mêlent, les cars russes qui reculent.

J’ai souri de retrouver les appartements collectifs (qui ne devaient pas être faciles à vivre), avec un code de sonnette pour chaque occupant.

J’ai aimé l’humour de certaines professions : Nous nous joignons à la grève générale : Le syndicat des cambrioleurs et des pickpockets (p.173).

J’ai découvert l’AVH, l’homologue hongrois du NKVD russe.

J’ai aimé ce que dit l’auteure de son pays, elle qui était pourtant en exil au moment des faits.

J’ai aimé que le rythme s’accélère lors de la seconde partie, au rythme de l’avancée des chars dans la ville.

Quelques citations :

…elle incarnait tout le mal qui gangrène ce pays depuis huit ans. Elle était stupide, avide, corrompue, malfaisante et menteuse. (p.75)

Ils (les Russes) se sont pointés ici et il leur fallait des têtes. Chaque organisme leur a fourni le quota voulu. C’est une dîme qu’ils lèvent, mais, eux, ils appellent ça « rétablir l’ordre ». (p.276)

L’image que je retiendrai :

Celle des enfants qui prennent eux aussi les armes pour défendre la ville.

Mercis Alexandra, Caro et Patrice pour cette très bonne idée de lecture

Gallimard, 5 juin 2025, 320 pages

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