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L’amas ardent – Yamen MANAI

Je me décide enfin à ouvrir ce roman qui végétait dans ma PAL depuis quelques longs mois.

J’ai aimé tout de suite Don qui protège et veille sur ses filles, ses abeilles. Alors lorsqu’un destructeur implacable menace, il est prêt à tout, y compris aller à la capitale consulter les livres.

J’ai aimé le duo d’amis du village de Nawis (royaume du Qafar), Toumi et Douda qui aiment jouer à la scopa. Douda et sa femme attendent un bébé, mais malheureusement Toumi entendra le prêche enflammé d’un imam de la ville et disparaitra quelque temps, avant de revenir armé jusqu’aux dents.

J’ai aimé le parallèle entre les marchandises du prince héritier et le nid de frelons asiatiques que le prince du royaume fait venir en cachette : ces deux marchandises portent la mort des abeilles et des habitants.

J’ai aimé le Vieux qui a gouverné, et après lui le Beau qui s’enfuit du pays, laissant la place à des élections nationales.

J’ai découvert Ibn Khaldoun, un historien, économiste, géographe, démographe précurseur de la sociologie et homme d’état du 14e siècle tunisien. Sa statue porte un livre dans un pays où il est impossible de trouver une librairie. Et les livres qui sont à l’université sont en écriture latine.

Et l’amas ardent dans tout ça : c’est la façon dont les abeilles japonaises se défendent des frelons asiatiques. Lorsque l’éclaireur survient, les ouvrières l’entourent et font monter la température à 45°, ce qui le consume. Ces abeilles japonaises peuvent vivre jusqu’à 47°.

J’ai aimé ce roman qui mêle considérations politiques et suprématie de la religion avec la vie de l’apiculteur Don qui se donne corps et âme pour le bien-être de ses filles.

Quelques citations :

Encore une fois, l’homme en quête de territoires distribua à ses semblables la peste dans les plis de ses offrandes. (p.126)

Les compétences religieuses de ses ministres ne résolurent aucun problème économique ni social, et à bien des égards, la situation empira. (p. 140)

L’image que je retiendrai :

Celle du moy Aya qui signifie miracle en arabe et beauté sauvage en japonais.

J’ai lu, 19 juin 2019, 224 pages

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