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Les Saules – Mathilde BEAUSSAULT

Pour son premier roman, récompensé par le Grand Prix de Littérature policière en 2025, Mathilde BEAUUSAULT choisi pour décor la Basse Motte, un élevage de cochons, et la Bretagne de la campagne.

Dans la ferme vit Marguerite, élève de CM2 qui grandit comme elle peut, les cheveux en bataille, rarement propre. Pour tout réconfort, elle suce sans cesse sa manche de pull.

L’histoire commence lorsque le corps de Marie, la fille du pharmacien, est découvert dans la coulée sous les saules, étranglée.

J’ai aimé le gendarme André et la policière Arlette venue prêter main forte. Nous lirons leurs interrogatoires, mais seulement les réponses des participants, jamais les questions de la maréchaussée.

J’ai aimé la sœur de Chantal (la mère de Marguerite) : Jeanine, qui vit en ville et apporte un vent de fraîcheur à chacune de ses apparitions. C’est elle qui prend soin de Marguerite lorsqu’elle vient. Sauf si elle croise un homme ; à ce moment-là, plus rien n’existe.

J’ai détesté l’instituteur et les élèves de la classe de Marguerite, certains violents avec elle.

J’ai adoré le leitmotive des voitures qui ont toutes des problèmes de démarreur ou d’embrayage, ou de freins.

J’ai aimé suivre Marguerite en manque d’amour (le roman explique pourquoi sa mère ne peut pas s’occuper d’elle), son copain Victor qui est scolarisé dans une institution spécialisé car il oublie tout.

J’ai aimé le style à la fois recherché (le soleil indolent ; l’immobilité sépulcrale) et familier (on ne déconne pas). Ce mélange des genres m’a tenu aux aguets tout au long de ma lecture.

Un roman avec une fin qui laisse aux lecteurs toute la place pour son imagination.

L’image que je retiendrai :

Celle de Marguerite trop contente de manger son pain au chocolat acheté par sa tante mais qui ne peut le finir parce qu’elle a reconnu le coupable.

Seuil, 10 janvier 2025, 272 pages

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