Auteurs en B

La Comédie Humaine – Honoré de BALZAC (8)

Quatrième volume : scènes de la vie privée (tome 4)

 

LA GRANDE BRETECHE

Le début du récit commence de façon abrupte par un dialogue entre des personnages que l’on ne connait pas. Et puis le docteur Bianchon raconte l’histoire de cette maison : La Grande Bretèche.

Madame de Merret, que son mari surprend en flagrant délit d’adultère, s’efforçe en vain de nier son crime, elle est cruellement punie par son époux qui entreprend d’emmurer vivant l’amant de sa femme dans le cabinet où il s’est caché.

C’est le notaire de Mme de Merret qui raconte cette histoire au docteur Bianchon, et j’ai souri à son tic de langage : « mais, petit moment ! »

C’est, entre autre, le crucifix en ébène incrusté d’argent et très artistement sculpté qui sera la preuve fatidique. Mme de Merret l’a gardé jusqu’à sa mort.

J’ai détesté ce mari qui est prêt à tout pour faire avouer sa femme, y compris emmurer vivant un autre homme.

Un récit court qui fait froid dans le dos.

Une citation :

Un homme qui n’a pas de dada ignore tout le parti que l’on peut tirer de la vie. Un dada est le milieu précis entre la passion et la monomanie.

 

MODESTE MIGNON

Ce long récit est dédicacé à la maîtresse de l’auteur, Eve Hanska.

Comme toujours, on commence par des descriptions, celle du Havre à cette époque puis la maison puis les personnages. La tension narrative n’arrive qu’à la page 200 sur 280, que c’est long.

De longues lettres d’amoureux à amoureux (et encore, on en les a pas toutes dit le narrateur).

J’ai aimé la jeune fille Modeste qui signe ses lettres au poète Mlle O. d’Este M (Modeste M). Enfin, elle croit qu’elle écrit au poète Canalis alors que c’est son secrétaire qui lui répond et tombe amoureux de la demoiselle.

J’ai aimé qu’ils soient trois prétendants à la course à la dot de Modeste : le poète Canalis, son secrétaire Ernest de la Brière et le duc d’Hérouville qui est moins décrit.

J’ai aimé le nain bossu Jean Butscha, lui aussi amoureux de Modeste, qui intrigue afin qu’elle se rende compte des finalités financières de Canalis, et qu’elle lui préfère son secrétaire.

Pour faire pleurer dans les chaumières, la mère de Modeste est devenue aveugle, sa sœur aînée est morte à 22 ans et son père partie refaire sa fortune en Inde.

Un roman un peu long et une fin un peu précipitée qui se termine bien pour les deux amoureux.

Quelques citations :

Il faut souvent, hélas !, deux hommes pour en faire un amant parfait. (p.106)

Les formes, voilà le seul héritage que conservent les nobles. (…) Les dissipations du règne de Louis XVI, les orgies de ce temps égoïste et funeste ont produit la génération étiolée chez laquelle les manières seules survivent aux grandes qualités évanouies. (p.172)

10 commentaires