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A la table des loups – Adam RAPP

Je suis sortie de cette lecture addictive sonnée, et, comme le tueur en série du roman, j’ai eu besoin d’un cocktail Mai Tai.

Commençons par le début : nous découvrons la famille Larkin. La mère immense Ava et le père qui adore le base-ball Donald. L’aîné des enfants Myra que nous suivrons tout au long de sa vie. Puis il y a Fiona qui mènera une vie de bohème à New-York, réclamant sans cesse de l’argent à tout le monde. Alec le voleur que nous suivrons également. Joan l’enfant handicapée dont Ava s’occupera toute sa vie. Lexy qui épouse Barry et a des jumelles, mais nous ne la croiserons pratiquement pas. Et enfin Archie, le bébé qui décède lorsque s’ouvre ce roman.

J’ai aimé suivre Myra depuis sa rencontre avec le faux Mickey Mantel (une star du base-ball), qui lui offre tout de même une carte à son effigie, carte qui prendra de la valeur au fur et à mesure des années.

Myra qui  devient infirmière pédiatrique à Chicago, se marie avec Denny et a un enfant, Ronan. Mais, devenue femme célibataire suite à la disparition de son mari, elle ne prend pas soin de sa santée.

J’ai eu de la peine pour son mari Denny, un ancien cadet de West Point à la carrière prometteuse jusqu’à ce qu’il se blesse et se fasse harcelé. Puis les crises psychotiques commencent.

Et puis il y a Alec qui, après avoir volé le contenu du tronc de l’Église, se fait mettre à la porte par ses parents. J’ai eu de la peine pour lui en découvrant petit à petit que, enfant de chœur, il avait subit des attouchements et été violés sans que jamais il n’en parle à personne.

Parfois, il envoie à sa mère de drôle de cadeaux : ses excréments dans un Tupperware, des cartes postales de villes avec un nom, un âge et une phrase mystérieuse. Son dernier envoi : ses dents arrachées.

Le culte catholique tient une grande place dans la vie des parents Larkin, ce qui entrainera la perte d’Alec.

J’ai découvert avec horreur les méthodes d’un tueur en série qui faisait boire des cocktails à ses jeunes victimes avant de leur passer des menottes puis un nœud coulant autour du cou et de resserrer le nœud.

J’ai aimé les leitmotivs : le lait chaud à la cannelle, les fenêtres de appartements collés à cause de la peinture, les ventilateurs qui ne rafraichissent pas, les piqures de moustiques, la couleur bleue, les haleines fétides, les corps qui puent.

J’ai aimé la bande son qui commence avec le récit en 1951 et se termine en 2010.

J’ai aimé qu’Ava et son fils soient liés par leurs problèmes de genoux, malgré eux.

Un roman sur les loups-tueurs qui ne portent pas sur leur visage leurs méfaits, et qui sont, parfois, des membres de la famille.

Quelques citations :

Surtout ne dit rien à maman. Elle se lancerait dans un autre patchwork.Cette femme a fait de son angoisse de catho certains des plus beaux patchworks des Etats-Unis (p.111)

Encore un mouflet, songe Alec. Dès qu’on prend conscience de leur existence, il en surgit de partout. (p.180)

Le pays est la proie de tueurs en série, qui sont souvent des hommes blancs d’âge mûr. Ces gens traversent nos quartiers, communient dans nos églises et dînent même à notre table. Ils vivent parmi nous, au grand jour, et sont pourtant curieusement invisibles. (p.489)

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison bleue sur pilotis d’Alec, seule maison qu’il possèdera dans toute sa vie d’errances.

Lu sur Liselotte

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