Les maisons parachutées – Didier DAENINCKX
Quel titre étrange, dont j’ai eu l’explication en toute fin de lecture.
J’ai eu un peu de mal au début de ma lecture : le récit commence sur les chapeaux de roues avec des personnages qu’il faut situer soi-même, un lieu (Nevers) et une époque (l’après-guerre de 39-45).
J’ai fini par comprendre que le personnage principal est l’inspecteur Orbec qui enquête sur 3 corps retrouvés enterrés depuis des années. Son enquête l’emmènera jusqu’à Mauthausen ainsi qu’à la Banque de France.
J’ai aimé découvrir que le vrai nom de l’acteur Jean Gabin était Alexis Moncorgé, et j’ai aimé que le récit soit ponctué de noms de films des années 50 et de noms de grands acteurs de ces années-là.
J’ai souri aux noms d’anciens départements : la Charente-Inférieure, par exemple ; et au nom de Motobécane que je n’avais pas lu depuis des années.
J’ai découvert la brasserie Zipf, en Autriche, qui dissimulait dans ses caves la construction des missiles V2 des nazis.
J’ai découvert Odette Linès (dans le roman), Odette Nilès dans la vraie vie, militante communiste et résistante française, au caractère bien trempé et qui connait tout de la Résistance.
J’ai découvert l’existence du lac Toplitz, toujours en Autriche. Les nazis avaient entrepris de faire fabriquer de faux billets anglais par des détenus doués, puis de faux dollars. Mais avec les troupes américaines qui approchaient, la légende veut que les billets soient partis au fond du lac Toplitz.
J’ai appris que Marcel Dassault était lui aussi allé recruter des scientifiques nazis à Mauthausen pour les faire travailler en France à la conception des ses avions.
J’ai découvert qui était Henri Martin (ce n’est pas seulement le nom d’une avenue au Monopoly) : c’était un jeune marin communiste, témoin du bombardement d’Haïphong, accusé de sabotage mais innocenté ; condamné pour distribution de tracts contre la guerre en Indochine mais relâcher après une campagne dans l’opinion.
J’ai appris que Maurice Thorez s’était fait soigner de sa maladie de coeur en URSS de 1950 à 1953.
Vous l’aurez compris, ce roman est riche en informations sur la guerre et ses conséquences.
Je regrette toutefois que ce roman, au contraire d’autres romans de l’auteur, n’ait pas réussi à m’embarquer dans une histoire dans l’Histoire.
L’image que je retiendrai :
Celle des détenus du camp de Mauthausen qui vieillissaient des millions de Livres Sterling pour les nazis.
Gallimard, 2 avril 2026, 240 pages
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Une exécution - Danya KUKAFKA
16 commentaires
vagabondageautourdesoi
J’ai quand même bien retrouvé son style polar, ce qui, me semble-t-il, avait manqué à son précédent.
aifelle
J’ai aimé cette lecture surtout pour son fond historique. On parle peu de cette période encore trouble, juste apres la guerre. C’était une découverte de l’auteur pour moi. J’y reviendrai sûrement (billet a venir).
Alex-Mot-à-Mots
Il est vrai que l’après-guerre est trop souvent passée sous silence, comme si tout était revenu à la normal à la signature du traité de paix.
Alex-Mot-à-Mots
Tu fais bien de souligner ce point, en effet.
Ingannmic
Il est donc très instructif mais manque de dimension romanesque..
Alex-Mot-à-Mots
C’est tout à fait ça.
keisha41
Oui, je savais pour Jean Gabin.
Je souris sur ta remarque au sujet d’ Henri Martin!
Alex-Mot-à-Mots
Lorsque le nom est apparu lors de ma lecture, j’ai tout de suite pensé au Monopoly.
luocine
je n’ai encore rien lu de cet auteur, je choisirai un autre titre visiblment.
Alex-Mot-à-Mots
Oui, d’autres de ses romans sont meilleurs et le sujet un peu mieux traité.
Light And Smell
Le roman a l’air clairement riche en informations toujours intéressantes à connaître.
Alex-Mot-à-Mots
Au moins pour cela, il vaut sa lecture.
Violette
Ah des bémols, dommage. Je trouve que cet auteur s’est quand même se renouveler, d’un livre à l’autre.
Alex-Mot-à-Mots
Tu as raison, c’est pour cela que j’apprécie encore de le lire.
je lis je blogue
ça fait longtemps que je n’ai pas lu un roman de Didier Daeninck ! Meurtres pour mémoire m’avait beaucoup marquée.
Alex-Mot-à-Mots
Son meilleur, à mon avis.