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Le mari de la Comtesse de Ségur – Hafid AGGOUNE

Dans la famille des Comte de Ségur, je demande le mari de Sophie Rostopchine : Eugène de Ségur.

C’est lui qui s’exprime dans ces pages, depuis le suicide de son père jusqu’à l’apogée de sa carrière.

J’ai découvert un homme qui déteste sa mère volage et ne veut à son père de ne pas avoir porter assez haut le nom de cette célèbre famille.

La rencontre avec Sophie est un coup de foudre. Ils se marient rapidement et un premier enfant arrive vite lui aussi.

Mais Sophie préfère la vie à la campagne, et Eugène la vie parisienne. D’autant plus qu’il trompe allégrement sa femme.

Et puis Eugène devient responsable des chemins de fer de l’Est de la France et, grâce à son amitié avec Louis Hachette qui veut développer son entreprise d’éditeur, il entreprend de placer des librairies dans chaque gare (eh oui, les relais H viennent du 19e siècle).

J’ai aimé cet homme entreprenant qui poussera sa femme à écrire les histoires qu’elle raconte à ses enfants et petits-enfants, créant pour elle la Bibliothèque Rose.

J’ai aimé la Comtesse Sophie, qui préfère sa maison de Normandie qui lui rappelle sa Russie natale ; son enfance avec une mère castratrice et brutale ; la façon dont elle élève seule ses enfants ; les contrats qu’elle signe seule avec Hachette.

Une lecture éclairante sur un homme de l’ombre qui accepte que ce soit sa femme qui sorte le nom de sa famille (auquel il tient tant) de l’oubli.

Quelques citations :

Non pas comme me l’avait enjoint autrefois mon grand-père d’Aguesseau, prêt à toutes les compromissions, mais parce que je faisais avancer mon pays. (p.125)

Pris entre mes fonctions et mon amitié, je le voyais se débattre avec sa « Bibliothèque des chemins de fer ». Nos affaires auraient pu s’arrêter là s’il n’y avait pas eu Sophie. (p.137)

Je marchais encore, sans but, perdu dans mes pensées, quand je réalisai que mes pas me menaient sans que je le veuille au pont Royal. Ce pont, symbole de la vie et de la mort, de royauté et de chute, était l’endroit où mon père avait mis fin à son désespoir. Et celui où nous nous étions retrouvés, la première fois, Sophie et moi. Je lui avais infligés tant de mal. Année après année, je l’avais trahie, la laissant seule avec nos enfants, seule avec ses contes, seule avec ce vide qu’elle avait su remplir si brillamment. (p.180)

L’image que je retiendrai :

Celle du pont Royal, lieu su suicide de son père et de rendez-vous avec Sophie.

Reconnaissance, 11 mars 2025, 180 pages

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