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Les Bouchères – Sophie DEMANGE

Ça commence par un meurtre dans une boucherie : une jeune femme tue un homme trop entreprenant. Un coup de couteau bien affuté, et c’est terminer. Ou plutôt, la vie d’Anne peut enfin commencer.

J’ai aimé cette jeune femme qui reprend la boucherie familiale dans ce quartier de Rouen un peu sceptique.

J’ai aimé qu’elle aille chercher son amie de CAP Boucherie Stacey, une jeune femme à l’opposé d’elle-même ; qu’ensemble elles ouvrent un commerce différent, dans lequel on offre des tranches de saucisson aux enfants pour les faire patienter, dans lequel le billot de découpe se trouve au milieu du magasin.

J’ai aimé découvrir l’histoire de ces femmes.

Mais les hommes violents ne sont jamais loin, et c’est tant pis pour eux.

J’ai aimé le journaliste Nour, au prénom épicène, qui tombe amoureux d’Anne, mais qui enquête également sur les disparitions d’hommes du quartier.

J’ai aimé Michèle, au départ engagé pour tenir la caisse, mais qui met la main à la pâte lorsque c’est nécessaire.

J’ai détesté la Blonde sur le retour qui se mêle de tout, et surtout de ce qui ne la regarde pas, et j’ai aimé que les commerçants du quartier aient chacun leur avis sur les bouchères.

J’ai aimé les leitmotivs : les couteaux aiguisés, la découpe jouissive, le calva dans la cave, les couilles conservés dans un bocal à confiture.

J’ai aimé ce roman très sensuel dans lequel les odeurs ont aussi leurs places.

J’ai pris des idées de recettes pour la Pentecôte : brochettes de veau au thym, veau Orloff à l’oseille, Wok de veau à la sauge, tartare de veau à la coriandre (p.196)

J’ai découvert l’expression « chien de la casse » qui désigne un homme vindicatif, peu scrupuleux ou agressif dont les fins justifient les moyens employés.

J’ai aimé ses trois femmes qui ne s’en laissent pas compter.

L’image que je retiendrai :

Celle de la déco de printemps de la boucherie avec des fleurs sur les présentoirs.

Iconoclaste, 23 janvier 2025, 320 pages

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