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Je voulais vivre – Adelaïde de CLERMONT-TONNERRE

Milady n’est pas une femme qui pleure… Elle est de celles qui se vengent.

Ce roman, qui se glisse dans les blancs des récits de Dumas, réhabilite  Charlotte Backson, alias Anne de Breuil, alias Milady de Winter.

Je ne connaissais pas le texte original de Dumas (je suis en ce moment dans La Comédie Humaine), j’ai donc découvert ce personnage de Milady qui a été trompée par un prêtre défroqué ; a été follement amoureuse d’Athos-Olivier de La Fère dont elle a eu un fils sans qu’il le sache, ayant préféré la pendre à un arbre ; s’est réfugiée en Angleterre où elle épousera un paire du royaume homosexuel.

J’ai aimé que parfois l’auteure reprenne des phrases célèbres de la Littérature : La première fois qu’Anne vit le père Sanson, elle le trouva franchement falot. (p.69)

J’ai eu de la peine pour cette jeune femme (elle meurt à 25 ans) obligée de jouer la partition qu’on lui demande : douceur, piété, pureté et soumission, sans que cela lui serve à quelque chose, bien au contraire.

J’ai détesté Olivier de La Fère, devenu possessif, ogre de sa femme.

J’ai découvert les préceptes du Capitulaire DeVillis, édit de Charlemagne, ses articles 43, 62 et, surtout, 70, contiennent la liste d’une centaine de plantes, arbres, arbustes ou simples herbes dont la culture est préconisée, ordonnée dans les jardins du domaine royal.

J’ai aimé la présence des animaux : les chats, mais aussi ses chiens Gredin et Coquin, son cheval Satin.

J’ai découvert une femme qui ne trouve jamais le repos, toujours obligée de se défendre.

Une femme dans un monde d’hommes, par les hommes et pour les hommes. Des hommes qui ont projetés sur elle le contenu de leurs rêves, de leurs caprices, de leurs blessures pour lesquelles ils demandaient réparation, se moquant bien, au fond, de qui elle était (p.313)

J’ai aimé que l’auteure, en fin d’ouvrage, explique que ce personnage de Milady l’a appelé pour parler d’elle.

Un bémol : je n’ai pas aimé les chapitres dans lesquels D’Artagnan se confie à son second en train de mourir.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’amour de Milady pour son fils Mordaut, né en Italie puis élevé en Angleterre.

Lu sur Liselotte

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