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DJ Bambi – Audur Ava OLAFSDOTTIR

Le personnage principal de ce roman n’est ni DJ ni prénommée Bambi. C’est un homme en transition qui s’est toujours senti femme.

Elle se fait appeler Logn, mais c’est un prénom provisoire en attendant de finir sa transition par une opération chirurgicale irréversible. En attendant, elle prend des hormones.

Logn est un mot typiquement islandais, intraduisible, qui décrit une absence totale de vent, lorsque la fumée monte droit vers le ciel.

J’ai aimé que la narratrice décrive les changements qu’elle perçoit en elle parce qu’elle prend des hormones : « Je n’ai plus le sentiment d’être au centre de ma propre vie, mon existence est fragmentée, morcelée, elle n’a plus de point centrale. J’ai envie de penser en grand, à ce qui est plus vaste que moi et bien plus important, comme les questions climatiques, mais les hormones me rendent sentimentale et émotive. » (p.57)

J’ai moins aimé l’irruption d’une ancienne camarade de classe devenue journaliste puis écrivain et qui veut écrire sur sa vie, ou plutôt sur le passage du temps.

Mais j’ai aimé découvrir son jumeau qui prend soin d’elle ; j’ai eu de la peine pour elle que sa famille rejette, sauf sa grand-mère.

J’ai aimé les descriptions de sa séparation avec sa femme et lire que son fils se rapproche enfin et pourrait éventuellement envisager de lui faire garder sa petite-fille.

J’ai aimé les péripéties du syndic de l’immeuble qui s’arcboute contre les goélands omniprésents. Et j’ai aimé leur présence symbolique tout au long du récit.

De même que l’omniprésence de la mer, qui peut être un élément fatal pour qui veut en finir avec la vie.

J’ai aimé découvrir la vraie histoire de Bambi, bien avant Disney. Histoire écrite par un écrivain juif allemand qui critique les persécutions que les nazis font subir aux juifs. « La version hollywoodienne explique qu’il est mal de chasser les animaux, le livre de Salten montre qu’il est mal de pourchasser des êtres humains. » (p.143)

J’ai aimé ce personnage si seule, que pourtant son jumeau  ne lâche jamais ; sa quête d’une identité et d’un prénom qui montre ce qu’elle est vraiment.

L’image que je retiendrai :

Celle des goélands qui ne cessent de tournoyer dans ces pages.

Zulma, 4 septembre 2025, 208 pages

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