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La colonie – Annika NORLIN

J’ai d’abord eu du mal avec le style très factuel : Emelie fait ci ; Sara fit ça… Mais j’avais tout de même envie de savoir ce qu’il se passait dans cette fameuse colonie, et j’ai fini par me faire à la narration.

J’ai aimé découvrir les différents personnages et leur histoire :

Jozsef dont les parents sont des juifs hongrois rescapés de la Shoah dont la mère crie dans son sommeil et le père se saoule dans son bureau. Un enfant taiseux qui veut faire plaisir à ses parents au-delà de tout.

Sara qui a découvert un rubis et qui le cache. Celui-ci lui donne de l’assurance et le don de la parole pour faire faire ce qu’elle veut à ses interlocuteurs.

Aagny, devenue amie avec Sara lorsqu’elles étaient en prison, qui part travailler dans une ferme reculée et défend le fils battu Ersmo.

Sagne qui aime la nature et en fait son métier avant de se faire violer et de rejoindre le groupe, puis de donner naissance à son fils Lake.

Emelie, celle avec qui commence cette histoire, qui, après un burn-out, se rend en forêt pour se reconnecter avec la nature et découvre ce fameux clan.

Le récit raconte que la création de cette colonie c’est faite au fur et à mesure des arrivés des personnes, chacun pour ses propres raisons, et chacun apportant ses savoirs.

J’ai aimé que Sara prenne la tête du groupe petit à petit : elle travaille moins, prend les décisions, mais apporte aussi un bien-être aux membres du clan.

J’ai eu de la peine pour Jozsef, amoureux de Sara, qui veut souvent partir car la situation ne lui convient plus, mais ne saute jamais le pas.

J’ai aimé que les agissements d’Aagny ne soit jamais très clairs (a-t-elle tuée la mère d’Ersmo ? Pourquoi casse-t-elle la jambe d’un opposant lors d’une bagarre ?…)

J’ai aimé que les questions d’Emelie fassent imploser la colonie : pourquoi Lake ne va-t-il pas à l’école ? Pourquoi ne pas le sociabilisé ?

J’ai aimé que le récit se déroule dans une sorte de douceur : pas de coups de gueule, pas de grande révolution, juste un glissement jour après jour vers une vie en autarcie.

Un roman qui nous parle du besoin des hommes d’être dirigés, sinon ils ne vont nulle part et se perdent en eux-mêmes.

L’image que je retiendrai :

Celle du Grand Sapin sous lequel vont dormir les personnages en été.

Merci Angèle pour ce prêt qui m’a fait sentir l’omniprésence des moustiques en été en Suède

La Peuplade, 4 septembre 2025, 576 pages

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