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Châtiment – Percival EVERETT

Je n’avais pas du tout aimé James, le dernier roman de l’auteur (trop d’eau et un personnage d’esclave qui cite François Marie Arouet en français impossible à croire).

Heureusement, un conseil de blogueuse m’a incité à lire un ancien polar de l’auteur : Châtiment. Grand bien m’en a pris.

J’ai eu un peu de mal avec les premières pages dans lesquelles les personnages rednecks parlent très mal. Et puis cela s’arrange avec beaucoup, beaucoup d’humour. Et ça, j’adore.

L’action se déroule dans la petite ville de Money, Mississippi : les enfants de Caroline Bryant sont retrouvés morts, un fil barbelé autour du cou et le sexe arraché se trouve dans les mains d’un homme noir, mort aussi.

J’ai découvert que Caroline Bryant était la femme qui avait injustement accusé Emmett Till de lui avoir dit bonjour, le condamnant à être lynché.

J’ai aimé que dans ces pages, les Blancs rednecks soient des abrutis finis et les Noirs des agents du FBI et des personnes qui savent (qui fait quoi dans la ville).

J’ai aimé le personnage de Dixie, la serveuse qui s’appelle en fait Herberta (Dixie est son nom de scène dans le dinah dans lequel elle travaille).

J’ai adoré l’humour pince sans rire du narrateur ; les noms rigolos (les policiers nommés Ho, ou Chi ou Minh ; l’agente Herbie Hind…) ; les situations ubuesques avec le KKK montrant des Blancs qui ont peur…

J’ai eu de la peine pour Lullabelle, petite fille de Caroline, qui à 12 ans jure comme un charretier et doit s’occuper de son frère pendant que sa mère parle à la cibi avec son amant.

J’ai adoré, à la fin, le discours plus vrai que nature du président Trump qui s’emberlificote les pinceaux parce qu’il ne comprend rien à ce qu’il se passe.

J’ai aimé qu’à la fin, la situation soit hors de contrôle dans tout le pays.

Un roman qui renverse la vapeur du lynchage, une pratique qui n’a conduit à aucune sanction légale.

L’image que je retiendrai :

Celle des hommes noirs retrouvés avec des sexes blancs en main et qui disparaissent mystérieusement.

Babel, 7 mai 2025, 368 pages

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