Auteurs en M

L’os de Lebowski – Vincent MAILLARD

Je n’avais pas du tout aimé le personnage de Lebowski du film du même nom des frères Cohen. Un Prix 30 millions d’amis dont je n’avais jamais entendu parler. Rien ne me prédisposait à découvrir ce roman sociétal plein d’humour, si ce n’est le conseil chaleureux de ma Libraire préférée.

J’ai tout de suite adoré le narrateur qui écrit dans son cahier bleu sa vie en compagnie de son chien, un golden retriever surnommé Lebowski en raison de sa capacité à dormir plus de 22h par jour.

Lorsque commence le cahier, Jim Carlos vient d’être embauché par la riche famille du coin pour aménager un potager bio.

Monsieur Arnaud Loubet est un présentateur de magazine télé du week-end, Madame Laure est née Thibault de Dallembert et enseigne à l’ESSEC, et leur fille Amandine ne supporte pas les chiens. On comprend pourquoi le jour où Lebowski déterre un os dans leur parc.

J’ai aimé cette confrontation entre la riche famille qui prône l’air du temps (le bio, le local, l’antifascisme) mais qui boit des Nespresso à longueur de journée, s’habille à la mode casual chic et refuse de voir la réalité sociale, se cachant derrière un discours pré-établi.

Tout dans leur maison est posé au millimètre, y compris dans le parc dans lequel la nature a été plus que domestiqué.

J’ai aimé les échanges lors des apéros informels pris avec Jim le jardinier, qui font apparaître toutes les contradictions du discours bien rodé de la famille.

Bien sûr, j’ai adoré Lebowski qui ne bouge pas une oreille, sauf lorsque Jim ouvre son placard à croquettes.

J’ai découvert le groupe de rock américain The National que Jim écoute pour se relaxer, et j’ai aimé sa relation avec les réseaux sociaux qu’il dézingue allègrement.

J’ai aimé le leitmotiv du cousin qui sert toujours à quelque chose : prêter un vélo, devenir un faux prétexte…

Une lecture réjouissante sur une lutte des classes à bas bruit.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine immaculée de la famille dans laquelle personne ne se baigne, même Jim préfère se baigner dans le lac plus à l’ombre.

Philippe Rey, 6 mai 2021, 202 pages

22 commentaires

Laisser un commentaire