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Le Crépuscule des hommes – Alfred de MONTESQUIOU

Après Le Crépuscule des Dieux, voici Le Crépuscule des hommes, avec un petit h.

D’entrée de jeux, cette lecture m’a mise en colère : p.13, le narrateur décrit une salle d’audience à « l’espace si vaste que les voix résonnent ». Sauf que la salle d’audience est très petite, en réalité, et que tout les 400 personnes autorisés devaient être bien entassées.

Je ne me suis pas attachée aux personnages : ni le photographe D’Addario ni son amie la traductrice Margarete allemande des Sudètes, ni la journaliste de Franc-Tireur Madeleine.

Alors certes, on voit passer du beau monde venu en spectateur : Joseph Kessel, Elsa Triolet ou John dos Passos qui tous donnent leur avis sur ce spectacle de théâtre bien soporifique.

J’ai toutefois aimé le barman David qui invente des cocktails aux noms des juges ou du journaliste vedette du moment.

Mais les leitmotivs des fauteuils rouges de spectacle ; d’un procès équitable ; et de la volonté de tout le monde de gifler les prévenus ont fini par me lasser.

Toutefois, cette lecture m’a permis de me souvenir de l’énorme machine à traduction d’IBM, la première du genre.

J’ai découvert le château Faber-Castell où sont logés les journalistes internationaux, les russes au fond du jardin dans un bâtiment à part.

J’ai aimé sentir que Moscou voulait dicter les sentences et que le NKVD rode autour des soviétiques.

J’ai appris qu’aucun allemand-e n’était autorisé dans la salle d’audience pour assister à ce procès unique.

Je m’étonne que ce livre soit dans la sélection des Goncourt, car je le classerai plutôt en documentaire sur le Procès.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux seules cabines du château Faber-Castel qui permettent à tous les journalistes d’envoyer leur papier à leur rédaction.

Robert Laffont, 28 août 2025, 384 pages

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