Le Compromis de Long Island – Taffy BRODESSER-AKNER
Dans la famille Fletcher, il y a un dibbouck dans les tuyaux (un esprit malin, habituellement l’âme d’une personne décédée qui pénètre dans une personne vivante avec qui le mort a eu un différend).
J’ai aimé cette famille dysfonctionnelle à outrance, depuis la grand-mère Phyllis qui ordonne à son fils de ne plus penser à son enlèvement, jusqu’aux petits enfants sans cesse sur leurs écrans.
J’ai eu de la peine pour Carl, le fils de Phyllis, qui se fait enlever un beau matin de mars 1980 car il est propriétaire d’une usine et d’une immense fortune.
J’ai aimé sa femme Ruth qui, à son retour, le couve et le ménage, ne lui parle jamais de ces 5 jours en enfer ; qui tente d’élever comme elle peut leurs 3 enfants.
L’aîné Nathan, marié à Alyssa, est du genre très très peureux et inculque à ses jumeaux cette peur de tout.
Le second, Bernard dit Beamer, est un obsédé sexuel et un drogué avec tout ce qui lui tombe sous la main (cachets ou patchs). Il tente d’écrire des scenarios pour le cinéma après le succès de son premier film, mais tourne toujours autour du même sujet : un enlèvement.
La dernière, Jenny, est une éternelle étudiante devenue syndicaliste qui rêve de devenir pauvre pour savoir ce que cela fait. Car Jenny a honte de la fortune de sa famille.
J’ai aimé les leitmotivs du roman : le nez des femmes de cette ville de Long Island tous refaits ; Beamer qui ne répond jamais au téléphone ; le cousin Arthur avocat en droit des successions subitement disparu ; Nathan qui répète Toutafé ; le directeur de l’usine Ike qui a perdu son pouce dans un accident du travail ; le jeu vidéo Magnat dans lequel il faut faire vivre un avatar comme un travailleur lambda.
Nous découvrons ces personnages entre le décès de Phyllis et la bar-mitzvah des jumeaux qui s’organise.
J’ai eu de la peine pour Carl qui ne doit jamais parler des souffrances de son enlèvement, sa mère ayant décrété que « c’est arrivé à ton corps, pas à toi« . Mais cet enlèvement aura des répercussions sur ce corps qu’est une famille.
J’ai aimé le regard amusé de l’auteure sur les traditions juives (les kippas de bar-mitzvah aux couleurs d’une équipe sportive ou les 2 sortes de saumon à servir). Mais aussi qu’elle explique que la fonction première de la Shiv’ah consiste à combler les failles du deuil avec de l’amour (p.432).
J’ai aimé découvrir la cause de la présence du fameux dibbouk dans les tuyaux.
Un roman autour d’un compromis qui bouleverse la vie de chacun des membre de la famille.
Une citation :
De toute l’histoire des interactions humaines, aucune femme n’est jamais parvenue à expliquer qu’elle était calme à un homme suggérant qu’elle ne l’était pas (p.482).
L’image que je retiendrai :
Celle de la pelouse du gigantesque domaine surnommée la pelouse impossible que le jardinier doit sans cesse tondre.
Lu sur Liselote
Partager :
- Cliquer pour partager sur Mastodon(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Mastodon
- Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
- Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Cliquez pour partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
20 commentaires
keisha41
Des kippas aux couleurs d’une équipe? ^_^ Pourquoi pas, c’est festif!
Bon, le genre de bon gros roman que j’aime (de temps en temps)
Alex-Mot-à-Mots
Ce détail m’a étonné : ça fait très société de consommation.
Violette
J’ai l’impression que c’est assez original… non?
Alex-Mot-à-Mots
Complètement.
bulledemanouec671473c7
Une famille un peu spéciale donc qui en plus a un dibbouck dans les tuyaux 🙂 Voilà de quoi titiller ma curiosité ! Merci pour la découverte.
Alex-Mot-à-Mots
J’ai passé un excellent moment.
aifelle
Ça a même l’air bien barré, mais de temps à autre, j’aime ce genre-là.
Alex-Mot-à-Mots
Alors ce roman est pour toi.
Choup
J’adore la citation!! ca me fait noter ce titre! merci!
Alex-Mot-à-Mots
Une phrase que j’ai trouvé très juste.
Light And Smell
Une famille qu’on ne semble pas facilement oublier !
Alex-Mot-à-Mots
Oh non, et le fameux dibbouk non plus.
carfax
bonjour, comment vas tu? dommage que la couverture ne donne pas plus envie de le découvrir. passe un bon week end et à bientôt!
Alex-Mot-à-Mots
Il est vrai que l’éditeur n’a pas fait de gros efforts sur la couverture.
coupsdecoeurgeraldine
Effectivement, la couverture est affreuse et fait penser à une vieillerie des années 70 !!!
Mais le contenu me tente bien, j’aime lire sur des familles dysfonctionnelles.
Alex-Mot-à-Mots
Alors tu seras gâtée avec ce roman.
Ingannmic
C’est un des titres de la rentrée littéraire que j’ai retenus, et il n’y en a pas tant… j’espère renouer, avec ce titre, avec la belle ampleur que sait nous offrir la littérature américaine..
Alex-Mot-à-Mots
Je pense que cette lecture ta ravira côté ampleur narrative.
Sacha
Hum une famille dysfonctionnelle, bof bof, mais l’enlèvement comme point de bascule, c’est intrigant et prometteur.
Alex-Mot-à-Mots
Ah oui mais là, c’est du grand dysfonctionnelle.