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La Comédie Humaine (10) – Honoré de BALZAC

Deuxième Volume : scènes de la vie de province (Tome 1)

URSULE MIROUET

Le récit se déroule à Nemours, et met en scène le veuf docteur Minoret qui élève seul Ursule Mirouët, aidé parfois de son voisin le militaire de Jordy, le juge de paix Bongrand et le curé Chaperon.

Ursule grandit dans le luxe et, à 16 ans, se prend d’amour pour Savinien, en prison pour dette après avoir fait la nouba à Paris.

Mais l’affaire se complique car, d’une part, la mère de Savinien ne veut pas entendre parler de cette mésalliance ; d’autre part les héritiers du docteur (le percepteur Crémière, le greffier Massin et le maître de poste Minoret) veulent recevoir leur dû à la mort du vieille homme.

Le maître de poste Minoret écrit des lettres anonymes pour qu’Ursule épouse son fils et que Savinien se détourne d’elle. Et il va même, le félon, jusqu’à voler le testament du docteur, dépouillant ainsi Ursule.

Mais c’est sans compter sur ce bon docteur Mesmer qui, en début d’histoire, montre au docteur Minoret son art. Une fois mort, le bon docteur reviendra dire la vérité à Ursule, démasquant le voleur d’héritage.

Que je me suis ennuyée au milieu de tout cet argent, de ces bons aux porteurs, du registre, des placements….

Qu’elle est jeune et fragile, cette Ursule blonde aux yeux pervenche qu’une contrariété rend malade, qui accepte de vivre dans la pauvreté.

Même la mort du fils du maître de poste Minoret annoncé par le spectre du docteur, m’a paru too much.

La seule qui m’a distrait, c’est Mme Crémière et ses lapsus : « des yeux de sphinx », Bête à vent pour Beethoven, « une femme devait être la chenille ouvrière », et j’en passe.

Si je devais résumer ma lecture : trop d’argent, trop de coeurs purs, trop de spectres.

 

EUGENIE GRANDET

Je gardais un bon souvenir de cette lecture, et je n’ai pas été déçue.

Pas trop d’argent, pas de spectre, et un personnage féminin avec un peu plus d’ampleur (un peu).

Je gardais le souvenir d’une maison sombre et froide : exacte. D’une jeune fille qui vit encore, à la fin du roman, dans la maison de ses parents : exacte.

J’avais oublié le père avare pire qu’Harpagon ; la mère qui ne dit mot ; la servante Nanon très laide.

Il y a les prétendants : Adolphe des Grassins et Cruchot de Bonfons devenu président de la cour à Saumur.

Et bien sûr, le bel et distingué parisien Charles Grandet, neveu du riche tonnelier devenu propriétaire viticole.

Sur le vieux banc de bois sous le noyer, Eugénie et Charles s’échange des promesses d’amour éternel.

Mais Charles est contraint de partir faire fortune aux Indes après le suicide de son père et sa banqueroute.

J’ai aimé retrouver le mot de mirliflor et d’apophtegme ; j’ai découvert la frippe : toute garniture mise sur du pain (margarine, confiture…).

Il n’évite pas l’écueil de parler d’argent mais de façon compréhensible, et de parler de la condition féminine, mais sans en faire trop.

Un roman beaucoup plus abouti qu’Ursule Mirouët et tellement plus agréable à lire.

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