Dans la salle

La Belle au Bois Dormant par le Ballet de l’Opéra national de Lyon

Présentation :

La Belle au bois dormant. La reine maléfique. Le prince charmant. La princesse qui se réveille d’un sommeil de cent ans par la grâce d’un baiser. Ces lores, ou fragments narratifs caractéristiques du conte sont autant d’éléments ancrés dans l’imaginaire collectif, transportant un imaginaire parfois désuet. Ils n’ont cessé
de se transformer au fil des versions successives, autorisant de nombreuses interprétations. Qu’est-ce que ce conte – et le Ballet que Tchaïkovski en a tiré en 1890 – peuvent nous raconter aujourd’hui ? En quoi résonnent-ils avec l’inconscient de l’époque ? Dans un esprit de détournement cher au chorégraphe catalan Marcos Morau, La Belle au bois dormant est un terrain de jeu propice aux relectures, permettant de tisser de nouvelles ramifications entre le conte, la musique de Tchaïkovski, l’esthétique du Ballet et les représentations contemporaines soulevées par cette histoire.

Mon avis :

Pour être détourné, cette chorégraphie a fortement détourné le conte original.

Aurore sera parfois présente sous la forme d’une poupée qui grandit puis vieilli sans jamais se réveiller.

Pas de prince charmant (où alors je l’ai raté) mais un corps de ballet qui mélange hommes-femmes dans le même costume de jupes à crinoline.

Au bout d’un moment, j’ai arrêté de chercher toute ressemblance avec le conte et me suis laissée porter par la musique qui mêle morceaux de Tchaïkovski et de Juan Cristobal Saavedra (des morceaux très techno moderne).

Au début du ballet, j’ai aimé les lumières franches ( rouge, vert, blanc), un peu moins la gestuelle faite de mouvements saccadés qui m’a donné l’impression de poupées désarticulées.

J’ai aimé le décor très rouge qui gagne en profondeur au fur et à mesure, et qui finit par nous laisser voir les structures en métal.

Certaines parties du spectacle m’ont paru un peu répétitives, mais j’ai aimé la fin, lorsque les danseurs ont peur de quelque chose côté jardin, le fuit en emportant des morceaux du décor, se défont de leur costume petit à petit, portent des baskets pour fuir, puis apparaissent seulement en slip et enfin totalement dépouillés. Un final grandiose.

Je n’ai sans doute pas tout saisi des symboles et des allégories présentées, mais je salue la performance des danseurs-ses dans ce ballet hyper millimétré.

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