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L’affaire de la rue Transnonain – Jérôme CHANTREAU

De l’auteur, je n’avais pas aimé Bélhazar paru en 2021. Mais des articles de blogueuses-rs ainsi que des coups de coeur Quais du polar m’ont donné envie de découvrir ce roman à la fois historique et policier.

Paris, pendant la Monarchie de Juillet, sous le règne de Louis-Philippe. Suite à la Révolte des canuts à Lyon en 1834, Paris est en proie aux barricades. Mais le Président Adolphe Thiers ne l’entend pas de cette oreille. Après avoir laisser pourrir la situation, il donne l’ordre de détruite les barricades et de faire un exemple. Ce sera la massacre de l’immeuble situé au 12 de la rue Transnonain, actuelle 62, rue Beaubourg.

J’ai aimé suivre Annette Vacher, dite Perle-la-Rouge à cause de sa chevelure de feu, une fille en carte. J’ai aimé découvrir son enfance et sa vie après le massacre, ce qu’elle faisait dans cet immeuble à ce moment-là.

J’ai eu de la peine pour Joseph Lutz, agent des Moeurs, qui souffre de migraine suite à l’explosion d’une bombe à côté de lui lorsqu’il était au chevet de son frère mort ; ses méthodes à la Vidocq ; son fils qui souffre du choléras.

Une lecture riche en découvertes sur cette époque :

* le dawamesk était une confiture au haschich composée de miel, de farine de pistache ou d’amande douce, d’une pâte huileuse et de résine de cannabis

* Les Marie-Louise est le surnom donné aux 120 000 conscrits français des classes 1814 et 1815, appelés par le sénatus-consulte du 9 octobre 1813 de l’impératrice-régente Marie-Louise

* le Couvent des Madelonnettes a servi de prison pour femmes prostituées

* Prosper Enfantin a créé le mouvement saint-simonien et est à l’origine de l’idée du Canal de Suez

* il existait une Société des Droits de l’Homme qui souhaitait le pouvoir absolu de l’État dans les domaines politique, économique et éducatif et la stricte laïcité. Mais ses actions étaient violentes.

* les carrières de gypse de Paris était l’endroit où travaillaient les personnes les plus pauvres

* le vin bleu est un vin peu cher et de qualité médiocre

* l’abbé Cestac a fondé une congrégation pour les orphelines et les filles de mauvaises vies qui voulaient revenir dans le droit chemin, avec pour base l’agriculture et l’apprentissage de la lecture

La lithographie réalisée par Daumier sur cette « affaire » a eut des répercussions politiques.

J’ai aimé que le récit ne soit pas linéaire, que les chapitres procèdent par flash-back ou avance rapide et se focalisent sur une personne en particulier.

Une affaire plus politique qu’il n’y parait de prime abord et dont le coupable officiel a perdu la vie pendant l’assaut de la 35e de ligne.

L’image que je retiendrai :

Celle des odeurs qui parcours la lecture : celle dans les maisons, dans les rues, celles d’Annette et des autres personnages.

J’ai lu, 4 mars 2026, 480 pages

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