La Chance rouge – Damien Igor DELHOMME
Au fin fond de la Sibérie, une ville nouvelle voulue par Brejnev dans laquelle travaillent 5 scientifiques dont une femme. Son nom : Mayak Severa.
Saskia, le sujet 27, a de la chance pendant les exercices, ou plutôt, cette jeune fille voit l’essence des choses et ainsi ne se trompe jamais. Mikhail, lui, rate toujours tout.
Il y a aussi Marina, l’institutrice idéaliste, et Rykov, le pêcheur de la tribu des evenks qui se tient loin de ce qu’il se passe dans la ville, Fiodor le jeune homme un peu fou qui voit l’âme des gens qu’il croise.
Il y a différentes lois édictées par les scientifiques :
* celle de la conformité = isolation sociale X pression du groupe
* le principe de la contamination mémorielle : un faux souvenir partagé par 10 personne devient plus vrai qu’un vrai souvenir vécu par une seule
* le coefficient de dépendance thermique : en dessous de 0°, la loyauté augmente de 15% par degré perdu
* la loi des misères partagées : l’acceptation d’une privation est proportionnelle au nombre de personnes qui la subissent simultanément (comme avec la moutarde au début de la Guerre en Ukraine…)
* les esprits raffinés deviennent les meilleurs propagandistes. Non par calcul mais par nécessité psychologique de justifier leur propre soumission
* la persistance du souvenir chargé émotionnellement résiste plus fortement. Il ne faut pas chercher à les effacer mais les intégrer dans la nouvelle réalité.
Heureusement, au milieu de ces recherches sur la chance ou sur les comportements de soumission, il y a des personnes qui résistent à leur façon, en inventant et chantant des comptines subversives ou en faisant des marques spécifiques sur le pain.
J’ai souri lorsque l’un des chercheurs modifie les données de ses rapports pour prouver qu’il a raison.
J’ai aimé, en début de roman, découvrir Saskia adulte qui raconte son histoire et sa fuite avec d’autres enfants.
J’ai aimé les rapports entre scientifiques, leurs failles, leurs lubies : ce sont avant tout des humains.
Un roman prenant sur les manipulations des esprits (la femme scientifique s’amuse à modifier les horloges) qui a toujours un but militaire.
L’image que je retiendrai :
Celle du phare qui a été construit le premier et qui éclaire la ville artificielle la nuit et autour duquel tourne Fiodor.
Agullo, 12 février 2026, 460 pages
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