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L’assassin des ruines – Cay RADEMACHER

Hambourg, 1946, où ce qu’il reste de la ville.

L’inspecteur Stave, dont la femme est morte sous les bombes alliées et le fils sans doute mort quelque part à l’Est, est appelé sur une scène de crime au milieu d’un tas de ruines comme il y en a tant.

Le récit commence en février, et il fait un froid à pierres fendre : rationnement en électricité, et trains de charbon qui n’arrivent pas à cause du froid.

Le cadavre d’une femme est retrouvé nu par hasard par un pillard.

J’ai aimé/détesté sentir le froid qui s’infiltre sous les vêtements, qui gèle les canaux et les os. Tout est bon pour se réchauffer, même une gabardine de la Wehrmacht, même un thé aux orties.

J’ai aimé que seul le bureau du juge dispose d’une chaleur agréable et de vrai thé anglais.

J’ai aimé l’amourette entre le lieutenant James McDonald le militaire anglais dont la présence est obligatoire, et Erna Berg la secrétaire dont le mari est lui aussi porté disparu.

J’ai détesté Maschke de la police des mœurs qui se porte volontaire pour prêter main forte. Il a en effet la main lourde avec des suspects.

Il y aura en tout 4 meurtres et l’enquête prendra énormément de temps à Stave. Le temps pour l’auteur de nous parler du marché noir qui sévi de partout et dans toutes les classes sociales.

J’ai apprécié l’ironie du narrateur qui indique que certains quartiers de la ville n’avaient pas été bombardés par les anglais car ils pensaient déjà à y loger leurs troupes.

Le début de relation entre Stave et Anna von Veckinhausen ne m’a pas paru de trop, et laisse une lueur d’espoir au milieu de la désolation.

J’ai apprécié la postface de l’auteur qui explique qu’il s’est appuyé sur 4 meurtres survenus cette année-là dans la ville, mais qui eux, n’ont jamais été élucidés.

J’ai découvert les certificats Persil qui lavaient plus blanc que blanc certains sympathisants nazis (ou plus, si affinités) afin qu’ils puissent continuer de commercer.

Un polar qui rend admirablement cette époque dans laquelle personne ne s’occupe de son voisin (son nom, son visage), trop préoccupé par sa propre survie.

L’image que je retiendrai :

Celle du gel sur les vitres de l’appartement de Stave tous les matins.

Le Masque, 8 février 2017, 336 pages

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