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Tout le bruit du Guéliz – Ruben BARROUK

J’ai aimé retrouver dans ces pages la ville de Marrakech trépidante et pleine de bruit.

J’ai découvert la communauté juive de la ville, ou ce qu’il en reste, car elle a émigré en Israël ou aux Etats-Unis. Il en semble rester que la vieille grand-mère du narrateur, seule dans son quartier du Guéliz.

J’ai aimé découvrir, au rythme du narrateur, les coutumes et les pèlerinages dans d’anciens cimetières qui commencent à tomber dans l’oubli.

J’ai souri lorsque me narrateur évoque le seul livre qui regroupe tout le savoir d’une famille : Le Livre de la cuisine juive marocaine. Et les personnages mangent beaucoup, la grand-mère cuisinant même pour les disparus.

Le récit se déroule par temps gris et froid, ce qui crée une atmosphère étrange dans cette ville.

J’ai aimé la grand-mère au mouchoir froissé qu’elle ne cesse de triturer, toujours inquiète, toujours quelque chose à faire.

J’ai découvert le palais dans le désert du saint Rav Raphaël Hacohen où les 3 personnages se rendent en pèlerinage.

J’ai aimé que la grand-mère appelle son petit-fils mchikpara : littéralement « je te donne ma vie ». ET j’ai aimé qu’à la fin du roman, ce soit le petit-fils qui prenne la peine de la grand-mère.

Un bémol : le style avec parfois trop d’adjectifs ampoulés, désuets ou inutiles, trop de virgules qui cassent le rythme.

Une citation :

Car les juifs sont des gens qui ne savent pas où aller. Et c’est à ça qu’on les reconnaît. Depuis que l’enfant sait le nommer, le juif est perdu. Il cherche quelque chose.  Il va quelque part. Il fouille le monde. (p.108)

L’image que je retiendrai :

Celle de la grand-mère qui se déguise comme les enfants pour Pourim en Reine Esther.

Albin Michel, 21 août 2024, 224 pages

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