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Les Jardins perdus – ROUDA

C’est l’histoire de deux frères : Zac l’aîné 2 ans de plus que son frère, et Martin le mal-aimé de la fratrie. Martin qui est en échec scolaire et qui ne perce pas dans le football, Martin qui écrit des poésies magnifiques et photographie comme un pro, Martin qui un jour ne donne plus de nouvelles.

Zac part à sa recherche et découvre le milieu ultra-violent d’une certaine extrême droite.

J’ai aimé le personnage d’Anaïs, l’amour de Zac, boxeuse qui n’a pas su trouver une formation après son bac et qui est condamnée à galérer dans son job.

J’ai aimé l’ambiguïté des jumeaux Slimani qui font bêtises sur bêtises et ne jouent jamais franc jeu.

J’ai aimé les oiseaux de l’épicier Charbel, qui ouvre ses cages tous les soirs et dont les oiseaux reviennent.

La position du discobole du père m’a fait rire : de temps en temps, le père s’arrête dans sa tache et prend la position du discobole, comme si il parlait à son talon. Le mystère ne sera jamais éclaircit.

Parfois, le narrateur procède par ellipses : la mère n’est pas en dépression mais gobe des temestas comme des smarties ; le père se réfugie dans le sport à outrance. Dans cette famille, rien n’est jamais dit.

Et parfois, le fonctionnement de l’extrême droite est décrit avec force détails : comment les groupuscules sont présents partout sur le web (p.117) ; les actions sociales qu’ils mettent en place ; les groupuscules ultra-violents.

L’auteur nous fait entrer, avec son personnage, dans ce milieu hyper fermé qui ne jure que par des actions d’éclat pour prendre le pouvoir.

Et comment un jeune homme un peu perdu peut trouver une figure paternel et entrer dans la boucle.

L’image que je retiendrai :

La famille habite dans une cité de tour qui entoure le square des Jardins perdus, une architecture brutaliste qui n’a pas été pensé pour habiter et vivre.

Liana LEVI, 28 août 2025, 224 pages

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