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Lapvona – Otessa MOSHFEGH

De l’auteure, j’avais apprécié il y a quelques années Mon année de repos et de détente. Je n’avais rien lu d’autre depuis. Des articles de copines/copains de blog m’ont donné envie de découvrir ce roman particulier.

J’avoue que je ne m’attendais pas à ce genre de récit en commençant ma lecture : l’action se déroule pendant une période indéterminée qui ressemble au Moyen-Age dans le village de Lapvona dirigé par le seigneur Villiam.

J’y ai rencontré Marek, un garçon né difforme, et son père Jude qui l’élève seul. Jude possède un troupeau de brebis dont il vend les agneaux une fois l’an.

Mais Jude est un homme violent qui n’hésite pas à battre comme plâtre son fils.

Il y a aussi Ina qui allaite tous les bébés du village ; Jacob le fils du seigneur et sa mère Dibra ; la servante Lispeth et le curé Barnabas ; la mère de Marek Agata ; les mensonges de son père.

J’ai aimé ces noms inventés qui sonnent comme des noms existants.

Mais je dois avouer qu’Ina la nourrice perpétuelle et un peu sorcière m’a déstabilisé.

Ce sont en effet des personnages bien curieux qui évoluent dans ces pages : le curé ne connait pas un broque de la vie de Jésus ; le seigneur demande sans cesse à son personnel de danser ou de lui raconter une histoire drôle.

Transparait tout de même dans ces pages une critique de la religion (celle pratiquée par les domestiques leur demande de ne manger que du chou) et système féodal.

J’ai découvert la tanaisie dont les personnages font grand usage et qui, à forte dose, peu se révéler mortelle.

J’ai aimé le personnage de Grigor qui fini par comprendre que quelque chose ne tourne pas rond au village, au vue de ce qu’il se passe au château.

Un roman qui parle également du rapport des hommes avec les femmes : le père Jude n’imagine pas un seul instant qu’il ait violé à plusieurs reprises Agata.

Bien évidemment, le village est également sous la coupe des commérages, ce qui n’aide pas à l’émancipation des habitants.

Un roman, enfin, qui parle du besoin éperdu d’amour maternel de Marek.

L’image que je retiendrai :

Celle de la grotte dans laquelle a vécu Ina un certains temps et qui accueillera d’autres personnages tour à tour.

Fayard, 23 août 2023, 324 pages

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