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La plus que lente – Jérôme AUMONT

Nous suivrons Nicolas en 1975, il a 12 ans et son voisin et ami Marc l’attire.

Nous le retrouverons lors de 4 étés de sa vie, découvrant ce qu’il est devenu, les choix qu’il a fait.

Présenté comme cela, cette lecture peut paraître peu attirante. Pourtant, j’ai aimé suivre Nicolas, son enfance de fils unique en Normandie, ses deux parents pas très riches, sa grand-mère qui lui interdit tout ou presque.

Mais il y a aussi la vieille aristocrate seule en sa demeure qui fait des chocolats chauds comme personne, lui fait écouter « La plus que lente » de Debussy et lui permet de lire ce qu’il veut.

Il y a la célèbre star anglaise qui invite tous les enfants du village pour l’anniversaire de sa fille, mais Nicolas n’a pas le droit d’y aller.

Il y a Thomas dont les parents parisiens ont une piscine. Thomas qui est malade sans que jamais sa maladie soit expliquée à son ami.

Il y a son amant Christian, riche homme d’affaire chez qui il s’installe après ses études, fermant les yeux sur les absences de son amoureux.

Il y a le décès de l’aristocrate Zazie, la grand-mère de Nicolas qui ne veut pas mourir, les décès de son père puis de sa mère, son ami Marc encore et toujours.

Il y a tout ce qui fait une vie le temps de 4 étés ; les non-dits, surtout, qui font que l’on passe à côté de l’amour de ceux qui nous sont proches.

Il y a ce personnage de Nicolas qui ne semble jamais être à sa place.

Un très beau roman sur le temps et le silence.

Une citation :

C’était ça, une famille, faire sien les deuils préalables, les porter à bout de bras comme un cercueil que l’on ne finirai plus de mettre en terre et qui, chaque matin, serait là, déposé sur le seuil, au milieu de la chambre ou du salon. Insubmersible. (p.145)

L’image que je retiendrai :

Celle des cailloux de la rivière que Marc et Nicolas doivent franchir en cachette aux heures creuses de l’après-midi.

Merci Christianne pour le prêt de ce très émouvant roman

Bourgois, 3 avril 2025, 152 pages

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