Le Sigisbée – Mathilde DESACHE
Voici un roman par lettres qui m’a emmené dans la Venise d’avant la chute de la République voulue par Napoléon.
Caterina Contarini Querini écrit à sa fille Giulia qui se trouve en France et dont elle n’a pas eu de nouvelles depuis plus de 25 ans.
Elle écrit également à Henri Beyle, son grand ami, qui a retrouvé sa fille pour elle.
J’ai aimé découvrir le rôle du Sigisbée dans la noblesse italienne : une femme se mariait selon la volonté de son père, et sa mère lui trouvait un Sigisbée, un homme qui l’accompagnera et lui tiendra compagnie depuis son lever à son coucher pour ne pas qu’elle s’ennuie.
Caterina est mariée à Giovanni Querini, fils d’une famille ayant son nom inscrit au Livre d’Or de la République. Mais Giovanni n’arrive pas à affronter son père et se replie sur le jeu, perdant des sommes folles.
Elle aura 4 enfants : Andréa sur qui repose la lignée mais qui préfère boire ; Marco qui mourra très jeune ; Alvise qui viendra en aide à sa mère ; et Giulia qui a deux pères (Giovanni et le Sigisbée).
Car Giovanni et François de la Motte (le Sigisbée) se sont connus très jeunes en France, étaient des amis et le sont restés.
J’ai aimé que le flou règne autour de la paternité de Giulia. Ce n’est pas la question qui occupe la mère et la fille, et le mystère restera entier.
Ce qui occupe Caterina, c’est de savoir si sa fille a de l’affection pour elle. On découvrira à la fin du roman comment est décédé Marco et pourquoi François s’est enfui avec Giulia.
J’ai aimé découvrir la Venise des années 1830 : le carnaval qui a perdu de sa superbe, de même que La Festa della Sensa (Venise se marie avec la mer).
J’ai souri lorsque Caterina écrit qu’elle a aimé participer à un concours de pâtisserie et créer quelque chose de ses mains (même si ses lasagnes sucrées sont immangeables).
Plus qu’un roman sur l’intérêt pour une femme d’un Sigisbée, un roman sur le difficile travail de mère.
L’image que je retiendrai :
Celle de la bibliothèque Querini Stampalia dans laquelle l’auteure a fait ses recherches et qui laisse voir la magnificence d’un palazzo vénitien.
Finitude Editions, 9 janvier 2026, 160 pages
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Gioconda - Nikos KOKANTZIS
14 commentaires
vagabondageautourdesoi
Se plonger dans le Venise de cette époque, belle motivation !
Alex-Mot-à-Mots
Une belle plongée historique.
luocine
un moment de l’histoire sur lequel je n’ai pas beaucoup lu donc cela est attirant . Le rôle de Stendhal (Henri Beyle) est historique ?
Alex-Mot-à-Mots
Oui, il est expliqué à la fin.
Sacha
Quelle pratique étonnante que ces sigisbées ! Et quel potentiel romanesque, même si ce n’est pas uniquement ce thème-là qui est exploité ici.
Alex-Mot-à-Mots
En effet, l’auteure met en scène plusieurs thèmes avec succès.
Light And Smell
Le contexte a l’air envoûtant.
Alex-Mot-à-Mots
C’est une vraie plongée historique.
bulledemanouec671473c7
Trop récent pour qu’il soit dans une de mes médiathèques mais j’aime en principe les romans épistolaires, ceux qui se passent à Venise et je ne savais rien de l’existence de ces sigisbées 🙂 Je le note à part en attendant.
Alex-Mot-à-Mots
J’espère qu’il croisera ta route et que tu aimeras autant que moi.
aifelle
J’allais faire la même réflexion que Sacha, drôle de coutume cet homme pour tenir compagnie à une femme. Embrouillamini garanti. A lire peut-être pour le contexte vénitien et l’époque.
Alex-Mot-à-Mots
Et bien non, contre toute attente, et c’est très bien expliqué dans le roman. Une coutume malheureusement tombée en désuétude.
Caro/Choup
le difficile travail de mère… expression ô combien juste!
Alex-Mot-à-Mots
Et la mère de ce roman a eu bien du mal avec ce rôle.