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Ironopolis – Glenn James BROWN

Quel roman étrange qui tourne autour du mythe de Peg Powler, jeune fille épouvantail qui effraye les petits enfants. A-t-elle existé ? Certains personnages du roman l’ont entendu, et l’artiste Una Cruickshank l’a rencontré et peinte à de multiples reprises.

Le décor : la ville de Teesside, rebaptisée Ironopolis par ses habitants car c’est une ancienne ville métallurgique. Et plus particulièrement sa banlieue pauvre avec ses logements sociaux humides et dégradés ; son ancienne usine des eaux entourée d’un champ d’herbes hautes au milieu duquel trône un puits jamais bouché.

Dans ce décor Vincent est le roi : il fait peur à tout le monde, y compris son fils. Il possède un garage mais s’occupe également de tuer les lévriers qui ne gagneront plus de courses.

Et puis il y a sa femme Jean qui a bien connue l’artiste Una ; Corina la joueuse compulsive et coiffeuse et son frère Jim qui écoute de l’acid house et consomme de la drogue.

Il y a l’explosion du Nouvel an 1993 et le jour des ténèbres le 3 juillet 1968.

Il y a surtout l’opération régénération de Rowan-Tree Housing Association chargée de déloger les habitants pour reconstruire des logements plus sains.

Les leitmotivs donnent le ton : des personnages avec une dent dans la bouche ; des tuyaux qui font sans cesse du bruit ; Kate Bush et fond sonore.

Une lecture déstabilisante à tout point de vue, un premier roman ambitieux.

Néanmoins, j’aurais aimé que le propos social affiché du roman soit plus mis en avant. Il ne fait que se deviner.

Quelques citations :

« le plus dur dans l’addiction n’est pas de faire face aux conséquences de vos actions, mais de maintenir un semblant de normalité tout le reste du temps. » (p.300)

« La vérité est un piège. Elle t’emporte au plus profond d’un labyrinthe toujours plus complexe, elle te mène au-delà de tes propres erreurs, de tes déceptions, de tes humilitaions, et de tes regrets. La vérité finit par te convaincre que tu ne seras jamais assez fort pour faire demi-tour et revenir en arrière. » (p.500)

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison de Corina qui suinte l’humidité de partout.

Points, 29 août 2025, 528 pages

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