Allumettes – Jurica PAVICIC
Il a suffi d’une allumette et du vent de la bora pour qu’un massif entier centenaire soit réduit en cendres, aux portes de la ville de Split, en Croatie.
L’inspecteur du service incendie Stanko Barada et l’enquêteur Petar Fradelic sont chargés de l’affaire car une vieille femme a été retrouvée morte dans sa voiture, brûlées par les flammes.
J’ai aimé suivre tour à tour ces deux hommes lors de leur enquête après sinistre.
J’ai été peu étonnée que les villageois alentour déclarent le pyromane local coupable avant même la fin de l’enquête, menaçant l’homme et sa mère devant leur maison.
J’ai aimé la seconde partie dans laquelle on découvre qui est à l’origine du sinistre, et pourquoi : une vieille histoire de réappropriation des terres de Niko (l’arrière grand-père), nationalisées par l’ancien état socialiste.
J’ai aimé le coup de gueule de la mère envers son fils qui a des dettes à cause de son train de vie au-dessus de ses moyens, ce qui a mené le père à prendre la mauvaise décision.
J’ai eu de la peine pour ce père pas très futé, mais qui adore randonner dans les montagnes autour de chez lui.
J’ai aimé découvrir les anciennes entreprises yougoslaves qui faisaient des affaires avec les pays du Maghreb (Algérie, Syrie, Soudan, Irak…), les travailleurs étant payés en dollars, ce qui permettaient aux ouvriers d’avoir une meilleur vie une fois rentrés au pays.
Mais petit à petit, ces entreprises ont mis la clé sous la porte, laissant le terrain libre aux entrepreneurs plus ou moins louches.
Bien sûr, il y a de bons petits plats qui mijotent sans cesse, dont la goûteuse pasticada.
Ce conn*rd de Pouchkine m’a fait rire, qui a écrit le conte du pêcheur et du poisson dans lequel un pêcheur et sa mère se retrouve à la fin plus pauvre qu’avant.
Dans ce roman, j’ai aimé les descriptions du feu et des vents, la recherche des causes des incendies et découvrir qu’ici, ils sont le résultat de l’avidité de l’homme.
Quelques citations :
Pendant trois cent ans, (ces types) avaient été des haïdouks, des trafiquants de tabac, des pirates, des partisans. Ils avaient construit tous ces mythes héroïques de vie hors la loi. (p.39)
Les gens d’ici pouvaient bien naviguer, changer d’emploi, d’économie, de continent. Ils pouvaient partir s’installer à Toronto ou à Perth. Mais à l’heure de mourir, pensa Petar, (…) le même cimetière, la même chapelle, les mêmes cierges, les mêmes bougies, le même catafalque et le même aspersoir, les mêmes fleurs en papier et les mêmes tombes avec leur ancre en pierre. La vie aura beau vous balader et vous infliger des coups, vous aurez toujours la consolation de savoir qu’au bout du bout il y aura un ultime chapitre aussi prévisible que fiable. (p.74)
Pour autant le journaliste avait été attentif à ce que ni Tito ni aucun autre responsable politique communiste n’apparaissent à l’image. Il est quand même 19h30, pensa Mladen, sarcastique. Il ne faudrait pas exposer les enfants à des contenus dégradants. (p.152)
L’image que je retiendrai :
Celle de Malden qui randonne tous les matins dans les forêts, mais qui n’hésite pas à y mettre le feu pour récupérer « la terre de Niko ».
Je remercie les éditions Agullo pour leur confiance renouvelée, et Achille pour l’envoi de ce roman en avant-première
Lu sur Liselotte
Avec cette lecture, je participe aux escapades européennes de Cléanthe pour le mois de septembre

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Les Trois Rivières - Tiffany Quay TYSON
22 commentaires
vagabondageautourdesoi
En voilà un que je lirai certainement ! Merci pour ce retour !
Alex-Mot-à-Mots
J’aime beaucoup les romans de cet auteur.
Athalie
J’aime beaucoup cet auteur et la dimension sociale dans laquelle il ancre ses histoires policières. Je le lirai sûrement.
Alex-Mot-à-Mots
Et ce qu’il raconte de son pays dont on connaît au final peu de choses.
manou
J’avais aimé « l’eau rouge » et ce roman me plairait aussi. Merci pour la découverte.
Alex-Mot-à-Mots
L’eau rouge reste mon préféré pour le moment.
je lis je blogue
Je n’ai toujours pas lu Jurica PAVICIC mais ce n’est pas l’envie qui me manque, juste l’opportunité. Il n’y a qu’un seul de ses titres dans ma bibli et il était toujours sorti.
Alex-Mot-à-Mots
Encore un ouvrage victime de son succès. Tant mieux.
luocine
C’est un auteur qui me fait rire et qui m’amène à lire des romans policiers : pas mal !
Alex-Mot-à-Mots
Les romans de cet auteur sont d’excellentes raisons pour lire cet auteur.
jostein
Je l’avais repéré lors de ma revue des nouveautés de septembre. C’est le genre de roman noir qui pourrait trouver sa place chez moi.
Alex-Mot-à-Mots
Chic, j’espère qu’il croisera ta route et que tu aimeras autant que moi.
Ping :
cleanthe
Un polar à l’encrage social qu’il faut que je découvre assurément. Et merci de nous faire découvrir ce titre à l’occasion de ta participation au challenge.
Alex-Mot-à-Mots
C’est toujours un plaisir de lire un polar de cet auteur.
Ping :
coupsdecoeurgeraldine
Je passe… Les feux d’été me mettent déjà trop à mal même si je ne suis pas directement touchée, je n’ai pas envie de lire sur le sujet dans mon lit !
Alex-Mot-à-Mots
Je peux comprendre.
PLK
j’ai lu Mater dolorosa de cet auteur. Pourquoi pas
Alex-Mot-à-Mots
Mon préféré est son premier traduit : L’eau rouge. Un auteur dont j’apprécie ce qu’il nous dit de son pays.
Ingannmic
Un titre qui résonne avec notre actualité… je n’ai lu que L’eau rouge de cet auteur, que j’avais aimé sans que ce soit un coup de cœur, mais ce titre me tente bien.
Alex-Mot-à-Mots
J’espère qu’il croisera ta route et que tu aimeras autant que moi.