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Les cancrelats à coups de machette – Frédéric PAULIN

J’aime la plume de Frédéric PAULIN, et cette fois encore, il ne m’a pas déçu.

J’ai découvert en fin d’ouvrage que ce roman était le dernier d’une trilogie, mais cela n’a pas gêné ma lecture.

J’ai aimé suivre Tue-Mouche (on ne saura jamais vraiment qui est cette personne), Dafroza qui a échappé au génocide et qui maintenant enquête sur des meurtres en France de rwandais, et Gatama, le boxeur rwandais prometteur mais Tutsi.

J’ai aimé comprendre pourquoi l’attentat contre l’avion du président hutu avait lancé les hutus dans leur chasse aux tutsis ; pourquoi les soldats français présent sur place n’avait fait que rapatrier les français ; comment les tutsis ont fait pour se venger.

J’ai été horrifié de lire : « Mais tu reconnaîtra que 800 000 morts en cent jours, c’est un score autrement plus mémorable que les 250 000 tués en neuf ans de l’ex-Yougoslavie. » (p.128)

En effet, c’est tout un pays qui a été préparé à accomplir un génocide rapide, rationnel et sans pitié. Des listes de personnes tutsis étaient dressées depuis des années. Il n’avait plus qu’à sortir la machette.

Bien sûr, il y a eu des années après des conseils dans chaque village pour rendre justice localement, mais les plus féroces meurtriers se sont enfuis en France ou en Belgique.

Il est beaucoup question de boxe dans ces pages, c’est ce qui a sauvé la vie de Gatama. Certains de ses combats sont décrits, mais cela ne m’a pas gêné, moi qui n’aime pas ce sport.

Une lecture qui offre une plongée au plus près de cette tragédie qui a eu lieu loin des yeux de l’Occident.

L’image que je retiendrai :

Celle des gants de boxe que Gatama porte toute la journée de sa fuite et qui seront son passeport pour l’Europe.

Folio, 5 septembre 2024, 272 pages

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